La gauche est un appui de la classe parasitaire

et de l'Etat parasitaire

La gauche continue d'exister en Grèce parce qu'il y a eu la junte. S'il n'y avait pas eu la junte, elle aurait disparu depuis longtemps. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit dans tous les Etats après l'effondrement du socialisme inexistant, en 1990. La Grèce continue de faire exception. Jusqu'à quand ?

A cause de la junte, la gauche a été sanctifiée comme force de résistance. En outre, depuis cinquante ans, elle continue de se battre contre une junte imaginaire. En effet, pour ne pas finir dans quelque hôpital psychiatrique, puisqu'il n'existe pas de véritable junte, la gauche appelle « junte » des gouvernements légalement élus. Le slogan répété est caractéristique : « La junte ne s'est pas terminée en 1974 ». Tout cela pour avoir une raison d'exister.

En outre, la gauche existe parce qu'elle constitue le principal appui de la classe parasitaire et de l'Etat parasitaire. En effet : « Malheureusement, en Grèce, les partis de gauche du Parlement sont les véritables représentants des intérêts de classe de la petite bourgeoisie parasitaire, mais aussi des autres classes parasitaires mentionnées plus haut. Certains partis le font sciemment, d'autres inconsciemment...

» Et, pour éviter tout malentendu, les partis extraparlementaires sont des serviteurs encore plus grands de cette bourgeoisie parasitaire et nourrie par l'Etat grec. Quant aux organisations dites anarchistes et "terroristes", elles sont les enfants mûrs des classes sociales parasitaires supérieures, arrivés à la trentaine sans avoir jamais transpiré dans des lieux de travail, à l'exception de la gymnastique qu'ils faisaient dans les coûteuses salles de sport privées où ils allaient depuis l'enfance et que leurs parents payaient avec de l'argent volé. Un slogan mural d'Exarcheia disait : "Feu aux villas des banlieues nord". S'ils les brûlent, beaucoup d'entre eux brûleront aussi leurs chambres d'enfant. Qu'ils aient au moins le temps de prendre leurs peluches ! Avez-vous vraiment vu qu'ils détruisent par vandalisme les banlieues les plus chères d'Athènes ? Jamais. C'est là qu'ils habitent » (Grigoris Papanikos).

Il n'est donc pas fortuit que la gauche ménage tous ces « bons enfants » de la classe dirigeante, casseurs, anarchistes, terroristes. Et certains citoyens naïfs continuent de croire à une gauche qui soutiendrait les classes inférieures.

Quoi qu'il en soit, l'histoire et l'expérience attestent que de nombreux hommes de gauche deviennent de droite. A l'inverse, très peu d'hommes de droite deviennent de gauche. Pourquoi cela arrive-t-il ? Parce que ceux qui ne sont pas enrégimentés, ceux qui sont des citoyens libres, lorsqu'ils découvrent le vrai visage de la gauche, c'est-à-dire du communisme, font un virage à 180 degrés. Ceux qui sont enrégimentés, au contraire, poursuivent leur parcours à gauche.

De nombreux cadres de la gauche ont regretté d'avoir consacré leur vie à des combats vains pour une idéologie totalitaire. L'un des cas les plus caractéristiques est celui de Takis Lazaridis, qui, dans son livre « Heureusement, nous avons été vaincus, camarades », explique ces combats vains. Le dirigeant historique de la gauche Leonidas Kyrkos a exprimé le même point de vue lorsqu'il écrit dans son testament politique : « Conflit d'idées, pas violence et intolérance, qui ne mènent nulle part ».

De même, les partis de gauche, lorsqu'ils arrivent au pouvoir, deviennent de droite. Le gouvernement SYRIZA nous l'a aussi enseigné. Car l'idéologie est une chose, la réalité en est une autre. S'ils ne s'adaptent pas à la réalité, ils s'effondreront ; ils n'ont aucun espoir de survie.

Autrement dit, les partis de gauche parlent à gauche et agissent à droite. Les paroles servent à convaincre les citoyens et les actes servent à survivre. Bien sûr, cette logique, dire une chose et en faire une autre, constitue une tromperie manifeste des citoyens. Et les citoyens ne tolèrent pas la tromperie. C'est pourquoi ils ont tourné le dos aux partis de gauche.

Les partis de gauche, même lorsqu'ils perdent le pouvoir, continuent de mentir et de tromper le peuple. Exemple : ils parlent des obstacles posés par l'establishment, des nombreux travaux qu'ils auraient accomplis, de la conjoncture difficile, etc.

En conclusion : la gauche constitue l'appui de la classe parasitaire et de l'Etat parasitaire. La gauche s'est effondrée dans le monde entier lorsque le socialisme inexistant s'est effondré. En Grèce, elle continue d'exister parce qu'elle continue de se battre contre une junte imaginaire et de tromper le peuple.

Pavlos Marantos

marantosp@gmail.com