Il arrive un moment où la loi devient concrète : celui où vous regardez le détail de votre paie et découvrez un montant différent à la ligne « net à payer ». Pour une grande partie des salariés en Grèce, ce moment est arrivé en janvier 2026. Le nouveau barème fiscal n’est pas une réforme abstraite destinée aux gros titres ; ce sont quelques dizaines d’euros par mois qui, au terme de l’année, comptent réellement.

Voyons donc ce qui a vraiment changé et, surtout, ce que cela signifie pour votre propre revenu. Nous allons tenter de l’expliquer comme le ferait un comptable bien disposé à votre égard : avec des chiffres, des exemples et sans termes techniques inutiles.

Ce qui a précisément changé dans le barème

Le cœur de la réforme est une baisse de deux points de pourcentage des taux appliqués aux tranches intermédiaires — celles dans lesquelles se situe la majorité des salaires — ainsi que la création d’une tranche intermédiaire pour les revenus compris entre 40 000 et 60 000 euros. La première tranche reste imposée à 9 %, tandis que le taux maximal de 44 % est maintenu, mais ne s’applique désormais qu’à un niveau de revenu nettement plus élevé.

Barème de l’impôt sur les revenus du travail salarié et les pensions — comparaison 2025 / 2026.
Tranche de revenuTaux 2025Taux 2026Variation
0 – 10 000 €9%9%
10 000 – 20 000 €22%20%↓ 2 points
20 000 – 30 000 €28%26%↓ 2 points
30 000 – 40 000 €36%34%↓ 2 points
40 000 – 60 000 €44%39%↓ 5 points
plus de 60 000 €44%44%

Deux points sont à retenir. Premièrement, le barème est progressif : chaque taux ne s’applique qu’à la part du revenu comprise dans la tranche correspondante, et non à l’intégralité du salaire. Passer dans une tranche supérieure ne vous pénalise donc pas globalement ; seul l’euro supplémentaire est imposé plus fortement. Deuxièmement, le gain absolu le plus élevé bénéficie aux revenus situés autour de 40 000 à 60 000 euros, précisément en raison de la nouvelle tranche.

Ce que vous gagnez en pratique

La théorie est élégante, mais le portefeuille réclame des chiffres. Calculons l’impôt selon les deux barèmes pour quatre niveaux de revenu courants. Les montants sont indicatifs et présentés avant les réductions d’impôt personnelles et les cotisations sociales, afin d’isoler clairement l’effet du seul barème.

Impôt annuel calculé selon le barème — montants indicatifs avant réductions. Le gain correspond à la différence nette en faveur du contribuable.
Revenu annuelImpôt 2025Impôt 2026Gain annuel
18 000 €2 660 €2 500 €+160 €
30 000 €5 900 €5 500 €+400 €
45 000 €11 700 €10 850 €+850 €
60 000 €18 300 €16 700 €+1 600 €

Un salaire annuel de 45 000 euros laisse cette année environ 850 euros de plus à son bénéficiaire — non grâce à une augmentation, mais parce que l’État prélève moins.

Observez la logique : plus le revenu augmente, plus le gain absolu progresse, car la baisse des taux s’applique sur une assiette plus large. Cela ne signifie pas que la réforme ignore les faibles revenus ; dans leur cas, l’essentiel de l’effort repose simplement sur d’autres instruments, comme nous allons le voir.

Les moins de 30 ans : la mesure la plus audacieuse

S’il est un domaine où le nouveau barème cesse d’être une affaire de « quelques points ici ou là » pour devenir une véritable rupture, c’est l’imposition des jeunes. La logique est simple et, il faut le reconnaître, généreuse : laisser le revenu entre les mains de ceux qui commencent leur vie active.

  • Salariés âgés de 25 ans au plus : l’impôt sur le revenu est, en pratique, supprimé pour les salaires atteignant environ 20 000 euros par an. Pour un jeune qui vient d’entrer sur le marché du travail, cela représente des mois entiers de salaire qui ne sont plus amputés par le fisc.
  • Personnes âgées de 26 à 30 ans : le taux de la tranche comprise entre 10 000 et 20 000 euros est ramené à 9 %, au lieu de 20 %. La première tranche à taux réduit est ainsi, en substance, étendue à 10 000 euros de revenu supplémentaires.

Le message adressé à la jeune génération est clair — et, disons-le, politiquement chargé : restez, travaillez et construisez votre avenir ici. Seul le temps dira si cette mesure freinera les départs. Sur le plan fiscal, il s’agit néanmoins de l’un des avantages les plus importants accordés au travail des jeunes depuis une décennie.

Familles et familles nombreuses : le barème s’infléchit

Le deuxième grand objectif est le soutien aux enfants. Pour chaque catégorie d’enfants à charge, une réduction supplémentaire de deux points de pourcentage par tranche est prévue, cumulativement avec la baisse générale. Une famille de deux ou trois enfants bénéficie ainsi de taux sensiblement inférieurs à ceux d’un collègue sans enfant percevant le même salaire.

L’ampleur de l’avantage pour les familles nombreuses

Pour les familles de quatre enfants ou plus, la diminution devient particulièrement marquée : dans certaines tranches, le taux peut même tomber à zéro. En pratique, un contribuable à revenu intermédiaire ayant une famille nombreuse peut voir sa charge fiscale diminuer considérablement par rapport à 2025.

La philosophie ne se dissimule pas : la question démographique est également traitée comme une question fiscale. Que l’on approuve ou non la mesure, son orientation est nette — plus le nombre d’enfants augmente, plus le barème s’allège.

Le barème n’est pas la seule mesure

Il serait incomplet de s’arrêter aux taux. L’année fiscale 2026 s’accompagne de mesures qui, pour de nombreux ménages, comptent tout autant :

  • ENFIA : une réduction d’environ 50 % de l’ENFIA (ENFIA, impôt unifié sur la propriété immobilière) pour les logements d’une valeur allant jusqu’à 500 000 euros qui sont assurés contre les séismes, les incendies et les inondations — une incitation qui lie la fiscalité à l’assurance des biens.
  • Dépenses présumées : les critères objectifs fondés notamment sur les véhicules et les logements sont révisés à la baisse, afin qu’ils cessent de « gonfler » artificiellement le revenu imposable des personnes dont les ressources réelles sont faibles.
  • Loyers : les incitations à la location longue durée des logements sont maintenues et renforcées, dans le but de remettre des biens sur le marché de la résidence principale.
Attention lorsque vous lisez votre avis d’imposition

Le nouveau barème concerne les revenus perçus au cours de l’année 2026, c’est-à-dire la déclaration fiscale déposée en 2027. L’allègement immédiat constaté depuis janvier 2026 provient de la baisse de la retenue à la source sur le salaire, et non de la liquidation de l’impôt d’une année antérieure. Ne confondez pas les deux.

Cinq vérifications à effectuer maintenant

  • Vérifiez que la retenue à la source sur votre salaire a été ajustée depuis janvier 2026 ; dans le cas contraire, demandez une correction à votre employeur ou au service de paie.
  • Si vous avez moins de 30 ans, communiquez votre âge exact au service de paie afin que le régime favorable approprié soit appliqué.
  • Déclarez correctement vos enfants à charge : la réduction supplémentaire en dépend directement.
  • Si vous possédez un bien immobilier, vérifiez si l’assurance ouvrant droit à la réduction de l’ENFIA est avantageuse pour vous.
  • Conservez les justificatifs relatifs aux éventuels écarts avec les dépenses présumées ; leur réduction ne supprime pas l’obligation de documenter votre situation.

Questions fréquentes

Si je suis augmenté et que je « passe » dans une tranche supérieure, vais-je y perdre ?

Non. Le taux supérieur ne s’applique qu’à la partie du salaire comprise dans la nouvelle tranche, et non à l’ensemble du revenu. Une augmentation produit toujours un gain net ; seul le montant supplémentaire est imposé un peu plus fortement.

Le même barème s’applique-t-il aux travailleurs indépendants ?

Le barème de l’article 15 du Code grec de l’impôt sur le revenu s’applique également aux revenus d’une activité professionnelle. Les indépendants sont toutefois soumis à d’autres paramètres — revenu minimum présumé, taxe professionnelle et cotisations — qui produisent un résultat final différent de celui d’un salarié.

Un retraité bénéficie-t-il du même avantage ?

Oui. Les pensions sont imposées selon le même barème que les salaires ; la baisse des taux profite donc aussi aux retraités. Le gain apparaît dans la retenue opérée sur la pension principale.

Dois-je faire appel à un comptable pour en bénéficier ?

Pour les salariés et les retraités, les modifications sont appliquées automatiquement par le système de paie. Un comptable est utile lorsque les revenus proviennent de plusieurs sources, qu’il existe des biens immobiliers, des enfants soumis à un régime particulier ou un doute sur l’exactitude de la retenue.

Le présent article est fourni à titre informatif et expose le cadre en vigueur au moment de sa rédaction. Les calculs sont indicatifs et ne remplacent pas la détermination précise de l’impôt à partir de vos données réelles. Pour votre situation, consultez un comptable, un fiscaliste ou un avocat.

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Sources et vérification

L’article a été vérifié, avant publication, à partir de sources officielles ou primaires. Les montants et les seuils peuvent évoluer en raison de nouvelles lois ou circulaires.