La gauche combat

pour des illettrés à l'université

La gauche lutte depuis toujours, de nombreuses façons, pour la dégradation des universités. Le moyen le plus caractéristique est peut-être l'occupation des locaux et l'entrave aux cours et aux laboratoires. Mais il existe aussi d'autres moyens. Deux exemples suffisent :

Premièrement, la gauche combat pour que des illettrés entrent à l'université. Jusqu'à cette année, des élèves qui avaient obtenu aux examens panhelléniques des notes comme 1, 2, 3 ou 4 entraient à l'université. Ils étaient nombreux. Des milliers d'illettrés y entraient, avec pour conséquence une baisse du niveau des études, mais aussi l'incapacité de beaucoup d'entre eux à obtenir leur diplôme.

Cette honte est corrigée par la loi qui a été votée. Selon cette loi, les facultés et départements des universités définissent la « base minimale d'admission ». Mais cela ne plaît pas à SYRIZA, parce qu'il veut que des illettrés entrent à l'université.

C'est pourquoi M. Tsipras a posé une question d'actualité au Premier ministre sur le thème : « Nécessité impérieuse de ne pas appliquer les changements au système d'admission dans les universités ». En développant sa question, il mentionne notamment :

« La politique gouvernementale de limitation du nombre d'admis dans les universités publiques entraînera indubitablement une augmentation importante de la clientèle des collèges privés, pour ceux qui peuvent payer les frais de scolarité, mais aussi, en même temps, une augmentation rapide des inégalités éducatives.

Avec l'institution de la base minimale d'admission, on s'attend à ce que cette année 20 000 à 30 000 candidats de plus que l'an dernier restent hors des établissements d'enseignement supérieur, et à ce que des milliers de places vides apparaissent dans des établissements régionaux qui devraient se retrouver dans une impasse administrative et financière ».

Bien sûr, le gouvernement ne limite pas le nombre d'admis dans les universités. S'il agissait rationnellement, il devrait certainement limiter ce nombre, puisque presque tous les diplômés du lycée entrent à l'université. La Grèce n'est-elle pas remplie de diplômés de toutes spécialités qui travaillent comme livreurs ?

S'agissant de la base minimale d'admission dans les universités, elle aurait dû être instaurée depuis de nombreuses années, parce que des illettrés entrent à l'université et ne peuvent pas obtenir leur diplôme.

Deuxièmement, la gauche combat la liaison entre la recherche entrepreneuriale et les universités. Depuis cinquante ans, depuis la période de la Metapolitefsi, la gauche combat la liaison entre les universités et le marché du travail.

La gauche a peur des épouvantails. Entre parenthèses : un épouvantail est une effigie, une image que les agriculteurs placent pour protéger leurs cultures des oiseaux et des animaux. En outre, gardienne de l'idéologie communiste et étatiste, elle ne permet pas aux universités publiques de coopérer avec les entreprises privées et capitalistes, parce qu'elles boiraient le sang du peuple, etc.

Elle ne se soucie pas de savoir si l'Etat n'a pas d'argent pour la recherche. Ce qui l'intéresse, c'est que les entreprises privées ne donnent pas d'argent aux universités pour la recherche, parce que les entreprises y gagnent. Oui, les entreprises y gagnent, mais les universités y gagnent aussi. La société y gagne aussi grâce à la recherche. Tout le monde y gagne. Cette chose simple, la gauche ne parvient pas à la comprendre, et c'est pourquoi elle combat la liaison entre les entreprises et les universités.

Dans tout le monde développé, il existe une liaison entre la connaissance, la recherche et les entreprises. Dans le monde entier, sauf en Grèce, parce que telle est l'injonction de la gauche.

Le plus beau est que la gauche demande en plus des comptes parce qu'il n'y a pas de développement. Et même, après quelques années, lorsqu'elle dépasse ses rigidités, elle demande encore des comptes en prononçant la formule inimitable : « Nous le disions déjà » !

De manière générale, la gauche « combat ». En l'espèce, elle combat pour que des illettrés entrent à l'université. Elle a le conflit dans son ADN. Elle ne peut pas exister sans conflit. Et puisque la vie a davantage besoin de consensus que de conflit, la gauche disparaîtra donc fatalement.

La gauche se révèle rétrograde et anachronique. Elle ne parvient pas à s'adapter aux évolutions sociales, politiques et économiques. Elle tient la société captive dans de nombreux domaines, y compris dans l'éducation. Au lieu de s'adapter à la réalité, elle tente d'adapter la réalité à son idéologie rouillée. C'est là son drame, puisque la réalité non seulement ne tient pas dans les idéologies, mais les dépasse.

Pavlos Marantos

marantosp@gmail.com