J’observe avec attention et un intérêt particulier les responsables politiques grecs annoncer chaque jour de nouvelles mesures d’austérité, de nouveaux impôts, de nouveaux discours alarmistes. Et, naturellement, je ne peux éviter les journalistes qui, tels de fidèles relais, crient quotidiennement pour défendre mes droits. Je ne suis pas spécialiste, mais un simple observateur, avec une très faible expérience de la vie. Malgré cela, il me paraît étrange que nous puissions parler de catastrophe économique et d’une éventuelle faillite à propos d’un pays aussi riche que la Grèce. Il n’est pas possible que tant de guerres aient eu lieu en Grèce et autour d’elle s’il n’existait pas des facteurs stratégiques et, bien entendu, économiques.
Nous avons tous, peu ou prou, entendu et lu récemment des informations sur les nouvelles recherches pétrolières en mer Égée et sur les provocations directes des Turcs. Et, naturellement, nombreux sont ceux qui se sont empressés de prophétiser et d’assurer à l’opinion publique qu’il n’existe pas de gisements. Même si l’on suppose que je sois assez naïf pour croire que nous n’avons pas de pétrole, que font alors les frégates turques autour de Kastellorizo, qui, d’un côté, ont lancé leurs propres recherches et, de l’autre, veulent interrompre les nôtres ? Même les États-Unis s’y sont soudain intéressés, et l’OTAN aussi se prépare. Étrange intérêt pour le « rien ».
Notre Constitution, à l’article 106, indique clairement que « pour consolider la paix sociale et protéger l’intérêt général, l’État planifie et coordonne l’activité économique du pays, en cherchant à assurer le développement économique de tous les secteurs de l’économie nationale. Il prend les mesures imposées et assure la valorisation des sources de la richesse nationale, depuis l’atmosphère jusqu’aux gisements souterrains ou sous-marins, pour promouvoir le développement régional et favoriser en particulier l’économie des régions montagneuses, insulaires et frontalières ».
Au début du mois de décembre 2009, le Premier ministre avait déclaré que « nous n’avons pas de pétrole ou, du moins, ce que nous avons trouvé est très limité ». Toutefois, dans un rapport que détenait l’ancien ministre des Finances, M. Evangelos Kouloumpis, sur l’existence de pétrole en mer Égée, il est clairement indiqué que « la zone de Babouras, à l’est de Thasos, est une zone dont certaines parties sont contestées par la Turquie (elles se trouvent entre 6 et 12 milles des eaux territoriales grecques). D’après les recherches réalisées dans cette zone, il existe une certitude quant à un potentiel pétrolier allant de 120 à 200 millions de barils récupérables, qui pourrait couvrir environ 40 % des besoins du pays pendant de nombreuses années ». Ce gisement précis a conduit trois fois la Grèce et la Turquie au bord de la guerre : en 1976, en 1982 et en 1987. Ce n’est qu’un seul des nombreux sites qui demeurent inexploités, puisque des rapports similaires sur d’autres lieux dans toute la Grèce sont restés dans les tiroirs depuis 1974. Je me demande ce qui pousse l’État à rester indifférent depuis tant de décennies et dans quel but nous laissons inexploitées de telles ressources rentables, surtout en pleine crise. Et si seulement le pétrole était le seul sujet auquel nous restions indifférents.
De récentes recherches de l’Institut de recherches géologiques et minières ont confirmé des réserves de métaux d’une valeur supérieure à 28 milliards d’euros aux prix actuels, classant la Grèce du Nord parmi les régions d’Europe les plus riches en ressources minérales. M. N. Arvanitidis, directeur pour la Macédoine centrale de l’Institut de recherches géologiques et minières, souligne qu’« il s’agit d’une importante source de richesse productive, dont la valorisation peut créer des conditions de redressement du développement du pays, en contribuant à la fois au développement régional et à l’économie nationale en général. La Grèce se situe dans un cadre géographique plus large, riche en gisements. Parmi les géologues d’Europe, à travers les congrès et les recherches du sous-sol, l’arc géologique balkanique, qui s’étend de la Roumanie jusqu’à la Turquie, est “célèbre”, avec de grands et riches gisements déjà exploités dans des pays voisins de la Grèce », souligne le directeur général de l’IGME. Ces dernières années, la Turquie a lancé trois mines d’or et a accordé des autorisations pour quatre autres. La Bulgarie est elle aussi entrée dans la production d’or, avec une usine en fonctionnement et une seconde en cours de mise en service. De même, la Roumanie, la Serbie et le Kosovo se trouvent dans des processus de recherche et d’exploitation de mines. Dans notre pays, des zones de Macédoine orientale et de Thrace ont été étudiées par l’IGME public (Pontocherasia de Kilkis, Agkistro de Serrès, Farasino de Drama), tandis que d’autres zones doivent encore être étudiées, car il existe des indices de gisements. La Grèce est le seul pays au monde à produire de la huntite, le premier producteur de perlite, le deuxième producteur de pierre ponce et de bentonite. Malgré tout, ces ressources aussi demeurent inexploitées à une période où l’économie grecque est censée chercher des voies de redressement. Et, naturellement, nous ne nous arrêtons pas là.
J’ai lu récemment que nous importons de l’huile d’olive d’Allemagne ; si cela est possible, alors même que je doute qu’elle possède ne serait-ce qu’une racine d’olivier compte tenu de son climat. Quelque chose me dit que nous exportons notre propre huile à des prix dérisoires pour les producteurs, puis que nous l’importons beaucoup plus cher. En 2010 seulement, en pleine crise, nous avons dépensé 13 367 699 euros pour importer notre propre huile et 384 043 069 euros supplémentaires pour importer du poisson d’Espagne.
Mais qui rend des comptes dans ce pays ? Personne. Contrairement à tout ce que prévoit la Constitution et, naturellement, contrairement aux intérêts de notre pays, nous sommes devenus les marionnettes du système.
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