à éviter pour la Grèce
L'Afghanistan devrait constituer un exemple à éviter pour la Grèce et pour l'armée grecque. Il doit nous servir de leçon.
Les Américains sont allés en Afghanistan pour punir Ben Laden et les terroristes islamistes. Ils ont soutenu le gouvernement, formé l'armée et l'ont équipée avec des milliards de dollars. Ils ont également, à tort ou à raison, essayé de construire un État selon les modèles occidentaux. Cela s'est révélé impossible. L'Afghanistan reste un « État failli ».
Lorsque les Américains ont commencé à se retirer, le gouvernement et l'armée afghane n'ont pas combattu les talibans. Ils se sont rendus presque sans combat. Et, comme les journaux télévisés nous l'ont appris, des centaines de milliards de dollars de matériel militaire sont tombés entre les mains des talibans.
Il semble que les Afghans s'étaient habitués, dans le bon comme dans le mauvais sens, à ce que les Américains combattent pour eux.
Ensuite, plus de cent mille Afghans sont partis et beaucoup veulent quitter leur pays dans toutes les directions.
Puisque certains protestaient contre la présence américaine en Afghanistan, l'absence des Américains ne risque-t-elle pas de créer davantage de problèmes ? Ces problèmes ne sont-ils pas déjà apparus avant même leur retrait ?
Peut-être sera-t-il bientôt démontré que les Américains ont laissé une forte empreinte culturelle en Afghanistan. Peut-être que de plus en plus d'Afghans souhaiteront suivre les bons aspects du mode de vie occidental. Et ce sera un gain pour tous.
Les Américains ont aussi des bases en Grèce. Et ils sont les bienvenus. Le renforcement de la coopération de défense gréco-américaine sert l'intérêt du pays. Cette coopération devient encore plus importante lorsque la Turquie constitue une menace permanente pour notre sécurité nationale.
Les actions agressives de la Turquie, malgré certaines pauses, n'ont pas cessé depuis 1821. Il ne faut pas oublier que la Grande Assemblée nationale turque a voté un « casus belli », c'est-à-dire une « cause de guerre », si la Grèce étend ses eaux territoriales à douze (12) milles. Autrement dit, si elle exerce un droit légal expressément prévu par le droit international de la mer.
Je considère que l'extension et l'approfondissement de l'accord de défense gréco-américain rencontrent l'accord de l'ensemble de la société grecque et de presque tout le système politico-partisan.
Il est très important qu'à cette période les intérêts de la Grèce coïncident avec ceux de l'Amérique dans notre région, dans les Balkans et en Méditerranée orientale.
Mais cela ne signifie pas que les Américains se chargeront de notre sécurité nationale. Non.
Si nous ne sommes pas capables, à chaque instant, de défendre notre intégrité territoriale, nous serons insensés d'attendre les autres. Aucun Américain, aucun Anglais, Français ou Portugais ne viendra combattre pour les Grecs si les Grecs s'en désintéressent.
Les Grecs devront d'abord lutter pour leur existence nationale et leur indépendance ; ensuite, en raison de la justice de leur combat, Américains et Européens viendront aider. Toute inversion de cette logique relève d'une absurdité extrême.
Il faut d'ailleurs beaucoup d'audace pour exiger des autres qu'ils vous sauvent lorsque vous-même vous négligez de vous sauver. Cela aussi arrive. Certains Grecs, en buvant leur frappé au café, protestent en disant : où sont les Européens pour nous aider maintenant que la Turquie nous menace ?
D'abord nous lutterons et nous saignerons, puis, en raison de la solidarité européenne et de l'accord gréco-américain, Européens et Américains viendront aider.
Il va de soi qu'en cas de guerre, en plus de l'aide militaire, il existe une assistance diplomatique et économique. Elle aussi est précieuse.
J'imagine qu'aucun Grec ne souhaite connaître le sort des Afghans. Si cela est vrai, le renforcement de la capacité de défense et de l'aptitude opérationnelle des forces armées est une priorité absolue.
Il est certain que les Grecs ne sont pas des Afghans. Ils ont appris à garder les Thermopyles. La patrie et la liberté sont des valeurs indissociables pour les Grecs. Ils ont appris à lutter pour ces valeurs. Si l'on veut être libre, on lutte pour sa liberté.
Παύλος Μάραντος
marantosp@gmail.com
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