L’enfant ne "va pas simplement sur internet". Il parle dans des applications, publie des photos, regarde des vidéos, joue à des jeux avec chat, suit des créateurs de contenu, participe à des groupes, envoie des messages privés et laisse souvent derrière lui des données qu’il ne comprend pas lui-même. Pour les parents, cela crée un mélange difficile : ignorance technique, inquiétude, incertitude juridique et conflits quotidiens à la maison.

En 2026, la question n’est pas seulement "faut-il interdire ou non ?". Il existe des règles sur les données personnelles, le consentement selon l’âge, la protection des mineurs sur les plateformes, les publicités, les contenus illicites, le harcèlement en ligne, l’image de l’enfant, les groupes scolaires, l’autorité parentale et les preuves lorsqu’un incident survient. Il existe aussi un débat européen et grec sur les outils de contrôle parental et de vérification de l’âge, ainsi que des initiatives d’information comme Parco. Ces outils aident les parents à organiser la protection quotidienne, sans signifier pour autant que chaque annonce est déjà une loi en vigueur.

L’objectif est la protection, pas la panique

Le parent a besoin de règles simples, d’une discussion régulière, de paramètres de confidentialité et d’une procédure claire de conservation des preuves lorsqu’un incident sérieux apparaît.

L’objectif pratique est plus simple : savoir ce que vous contrôlez, ce que vous conservez, quand vous parlez à l’école ou à la plateforme, quand un avocat est nécessaire et quand un incident peut devenir une affaire sérieuse.

Le point de départ : il n’existe pas une seule "loi sur les réseaux sociaux"

Les réseaux sociaux touchent plusieurs domaines juridiques distincts. Si l’enfant ouvre un compte, il est question de données personnelles et de conditions d’utilisation. Si quelqu’un publie sa photo sans autorisation, il est question d’image, de vie privée et éventuellement de protection de la personnalité. Si une vidéo insultante circule, il peut exister une action civile, une dimension pénale ou un sujet scolaire ou disciplinaire. Si une plateforme diffuse des publicités ou recommande du contenu à des mineurs, le cadre européen des services numériques entre en jeu.

C’est pourquoi, lorsqu’un parent dit "je veux faire quelque chose juridiquement", la première bonne question est : que s’est-il exactement passé ?

IncidentCe que l’on examine d’abordDémarche pratique
L’enfant a ouvert un compte sans que je le sacheÂge, consentement, conditions de la plateforme, contrôle parentalVérifiez l’e-mail ou le téléphone de récupération, les paramètres de confidentialité et les conditions d’âge
Une photo ou vidéo de l’enfant a été publiéeDroit à l’image, vie privée, données personnellesConservez URL/capture d’écran et demandez la suppression à la plateforme
L’enfant reçoit des menaces ou subit une humiliationHarcèlement en ligne, atteinte à la personnalité, possible dimension pénaleNe répondez pas publiquement. Conservez les preuves et informez l’école ou les autorités lorsque nécessaire
L’enfant a envoyé du contenu insultant à d’autresResponsabilité de l’acte, accompagnement parental, conséquences scolairesArrêtez la diffusion, demandez la suppression, parlez rapidement avec l’école ou un spécialiste
Il existe de l’argent, des achats ou une fraudeTransactions, cartes, tromperie, fraude électroniqueContactez la banque ou le prestataire et conservez les numéros de référence

La réponse générale "c’est illégal" n’aide pas. La bonne analyse commence par les faits, l’âge de l’enfant, la relation entre les personnes impliquées, le moyen utilisé et le dommage.

Âge et consentement : ce que signifie concrètement la limite de 15 ans

Dans le Règlement général sur la protection des données, l’enfant peut, sous conditions, donner un consentement valable pour les services de la société de l’information lorsqu’il a atteint un certain âge. La Grèce, avec la loi 4624/2019, a fixé à 15 ans la limite pour le consentement direct de l’enfant à de tels services. En dessous de cette limite, le traitement fondé sur le consentement exige le consentement ou l’approbation de la personne exerçant l’autorité parentale.

Cela ne signifie pas que tout enfant de moins de 15 ans "n’a pas le droit de toucher un téléphone". Cela signifie que, lorsqu’une plateforme se fonde sur le consentement pour traiter les données personnelles d’un enfant, ce consentement doit pouvoir tenir juridiquement. En pratique, les plateformes ont aussi leurs propres conditions d’âge, qui fixent souvent des seuils minimums d’utilisation. Le parent doit vérifier les deux : la loi et les conditions de l’application.

De plus, le consentement ne signifie pas "j’ai accepté une fois et c’est terminé". Les enfants changent d’habitudes, les applications changent de fonctionnalités, les paramètres de confidentialité se déplacent et de nouveaux services se connectent à d’anciens comptes. Un compte ouvert pour regarder des vidéos peut ensuite avoir un profil public, des commentaires, des messages privés et une fonction live.

Ce qui change avec le DSA et la responsabilité des plateformes

Le règlement sur les services numériques, connu sous le nom de DSA, impose des obligations plus claires aux plateformes en ligne. Pour les mineurs, l’idée centrale est que les plateformes doivent prendre des mesures appropriées et proportionnées afin d’assurer un niveau élevé de confidentialité, de sécurité et de protection. Cela concerne en particulier les plateformes accessibles aux mineurs.

Pour les très grandes plateformes et moteurs de recherche en ligne, il existe des obligations encore plus lourdes d’évaluation et d’atténuation des risques systémiques. En pratique, cela signifie qu’une entreprise ne peut pas se contenter de dire "nous avons mis un bouton de signalement". Elle doit réfléchir à la manière dont la conception, les recommandations de contenu, les publicités, les messages, les dark patterns et la facilité de création d’un compte affectent réellement les enfants.

Pour le parent, le DSA a une valeur pratique parce qu’il renforce l’idée que la plateforme n’est pas un simple spectateur. S’il existe un contenu illégal ou dommageable, le parent doit utiliser les outils de signalement, conserver le numéro de référence lorsqu’il est donné et maintenir une demande documentée. La plateforme ne réglera peut-être pas chaque problème familial ou scolaire, mais elle a des obligations de procédure et de protection.

Grèce, Kids Wallet et contrôle parental : points d’attention en 2026

En Grèce, le débat public s’est fortement ouvert sur la protection des mineurs en ligne, les outils de contrôle parental, les applications de type Kids Wallet et les mécanismes d’assurance de l’âge. C’est important, car cela indique la direction de l’État : moins d’usage informel par des mineurs sans contrôle et plus de capacité pour les parents à fixer des limites.

Il faut toutefois faire attention. Le cadre juridique en vigueur est une chose ; une initiative politique en cours ou un outil technique qui se développera progressivement en est une autre. Le parent ne doit pas attendre l’"application parfaite" pour protéger l’enfant. Il doit dès aujourd’hui avoir des règles à la maison, contrôler les paramètres, discuter avec l’enfant et disposer d’une procédure claire lorsqu’un incident survient.

En pratique, un outil de contrôle parental aide sur trois points : temps d’utilisation, accès aux applications et supervision de base. Il ne remplace pas la confiance, ne remplace pas l’éducation et ne remplace pas la nécessité de conserver des preuves lorsqu’un dommage existe.

Photos d’enfants : le sujet difficile que les parents sous-estiment

De nombreux conflits ne commencent pas sur le TikTok de l’enfant. Ils commencent avec les adultes eux-mêmes. Parents, proches, groupes scolaires, clubs sportifs et cours privés publient des photos d’enfants sans réfléchir à l’endroit où l’image finira. Une photo en costume de fête scolaire peut sembler innocente, mais elle révèle une école, une zone, un visage, des fréquentations et des habitudes.

Le parent doit distinguer trois situations :

SituationCe qu’il faut surveillerBonne pratique
Photo publiée par un parent sur son propre profilVie privée de l’enfant, exposition à des tiers, gêne future ou risqueNe publiez pas publiquement un visage, une école ou un lieu sans raison sérieuse
Photo publiée par une école ou une associationLégalité de la prise et de la publication, consentement, informationDemandez une politique écrite et une manière de retirer le consentement
Photo publiée par un autre enfant ou parentDroit à l’image, relation entre familles, diffusion possibleDemandez calmement le retrait et conservez une preuve en cas de refus

Chaque photo n’a pas besoin de devenir une mise en demeure. Mais il faut avoir conscience que l’enfant n’est pas le "contenu" des adultes. À mesure qu’il grandit, son propre avis doit aussi être entendu. Un enfant peut ne pas réagir aujourd’hui, mais à 14 ou 16 ans ressentir qu’il a été exposé pendant des années sans raison.

Harcèlement en ligne : ce que fait le parent sans aggraver l’affaire

Le harcèlement en ligne se présente rarement avec une étiquette claire. Il peut s’agir de moqueries de groupe dans un chat, d’un faux profil, d’une photo modifiée, d’une menace, de la divulgation d’un secret, d’une vidéo prise à l’école, de tags systématiques ou d’une exclusion de groupes. Parfois, l’enfant a honte et parle tard. D’autres fois, il répond impulsivement et le problème devient une chaîne.

La première règle est de ne pas tout supprimer dans la précipitation. Il est normal de vouloir que le téléphone soit immédiatement "nettoyé". Mais si des messages, liens, noms d’utilisateur et heures disparaissent, la preuve devient ensuite difficile. Conservez des captures d’écran lisibles, l’URL lorsqu’elle existe, la date et l’heure, le nom du profil, d’éventuels changements de nom et les numéros de référence de la plateforme.

La deuxième règle est d’éviter une confrontation publique par les parents. Un commentaire agressif d’un adulte sous une publication d’un mineur peut se retourner contre vous et exposer davantage l’enfant. Agissez dans l’ordre : preuves, signalement à la plateforme, communication avec l’école lorsque cela la concerne, avis spécialisé en cas de menace ou d’atteinte grave.

Si l’enfant a commis l’erreur

Les parents cherchent souvent un guide seulement lorsque leur enfant est victime. Il existe pourtant l’autre côté : l’enfant peut avoir publié une vidéo insultante, participé à une moquerie de groupe, envoyé une photo personnelle d’un autre enfant, utilisé un faux profil ou diffusé une rumeur.

Dans ce cas, la bonne réaction n’est pas "c’est un enfant, il ne s’est rien passé". Une reconnaissance rapide et une réparation peuvent limiter le dommage. Retirez le contenu, arrêtez la diffusion, demandez que la reproduction ne continue pas, parlez avec l’école ou les autres parents calmement et voyez si un conseil juridique est nécessaire. S’il existe une image, une menace, un contenu sexuel, un chantage ou un dommage sérieux, ne gérez pas cela seuls.

L’enjeu n’est pas de "punir" publiquement l’enfant. Il est de lui faire comprendre que l’écran n’efface pas la responsabilité et que l’acte numérique laisse des traces.

Règle familiale pratique : ce que l’on décide avant le problème

La meilleure démarche juridique est souvent la prévention. Un enfant qui sait quoi faire lorsqu’il reçoit une menace agit mieux qu’un enfant qui craint qu’on lui retire le téléphone et cache donc tout.

Un accord familial pratique peut contenir quelques règles claires :

RèglePourquoi cela aideApplication
Ne pas envoyer de données personnelles à des inconnusRéduit le phishing, le grooming et les fraudesNom de l’école, adresse, programme, téléphone et photos doivent être contrôlés
Profil privé pour les mineursLimite l’exposition et les messages inconnusÀ vérifier chaque mois car les paramètres changent
Capture d’écran avant suppressionDes preuves sont nécessaires en cas d’incident sérieuxL’enfant apprend à appeler un parent avant de réagir
Ne pas répondre au chantage ou à la menaceLa réponse alimente souvent l’auteurFin de conversation, preuves, signalement
Le parent ne lance pas de querelle publiqueProtège l’enfant d’une seconde expositionLa communication se fait en privé, à l’école ou par les voies institutionnelles

Le plus important est la promesse du parent : "Si tu me dis quelque chose de grave, je ne commencerai pas par te punir. Je commencerai par te protéger." Cela rend plus probable que l’enfant parle tôt.

Quand un avocat ou les autorités sont nécessaires

Un avocat n’est pas nécessaire pour chaque mauvais commentaire. Une réaction sérieuse est toutefois nécessaire lorsqu’il existe un harcèlement répété, une menace, un chantage, un contenu sexuel, une fuite de données personnelles, une fraude financière, un faux profil causant un dommage ou un refus de retirer un contenu gravement préjudiciable.

Dans ces situations, l’ordre compte :

  1. Conservez les preuves sans les modifier.
  2. Ne menacez pas publiquement l’autre parent ou l’enfant.
  3. Faites un signalement à la plateforme et conservez le numéro de référence.
  4. Informez l’école si cela concerne des élèves ou le cadre scolaire.
  5. Parlez avec un avocat lorsqu’il existe une atteinte grave, une répétition ou un dommage.
  6. Contactez les autorités compétentes lorsqu’il existe une menace, un chantage, du matériel illégal, une fraude ou un danger pour l’enfant.

Le sang-froid ne signifie pas l’inaction. Il signifie que vous n’accomplissez pas des gestes qui détruisent les preuves ou créent de nouveaux problèmes.

Liste de contrôle pour les parents

ContrôleFréquenceCe que je regarde
Paramètres de confidentialitéChaque moisProfil public/privé, qui peut envoyer des messages, qui voit les stories
E-mails/téléphones connectésChaque trimestreS’ils sont corrects et si un élément inconnu a été ajouté
Applications ayant accèsChaque trimestreApplications tierces, jeux, quiz, permissions inconnues
Temps d’écranChaque semaineHeures d’utilisation et applications qui captent trop de temps
Photos publiquesAvant publicationVisage, école, lieu, uniforme, autres enfants
Discussion familialeRégulièrementQue faire en cas de menace, chantage ou publication humiliante

Si le contrôle n’a lieu qu’après une crise, l’enfant l’associera à une punition. S’il est régulier et calme, il devient une partie de l’hygiène numérique.

Questions fréquentes

Puis-je exiger le retrait d’une photo de mon enfant ?

Dans de nombreux cas, oui, notamment lorsque la photo expose l’enfant, a été publiée sans base légale ou porte atteinte à sa vie privée. Commencez par une demande de retrait à la plateforme et à l’utilisateur qui a publié l’image. Conservez une preuve avant que la publication soit supprimée ou modifiée.

Si l’enfant a 15 ans, décide-t-il seul de tout ?

Non. La limite de 15 ans concerne spécifiquement le consentement aux services de la société de l’information dans le cadre des données personnelles. Elle ne supprime pas l’autorité parentale et ne signifie pas que tout acte sur les réseaux sociaux est automatiquement légal ou sûr.

Puis-je surveiller tous les messages de mon enfant ?

Le contrôle parental doit être proportionné et lié à la protection, non à une surveillance permanente. Définir des filtres d’âge et des limites n’est pas la même chose que lire systématiquement chaque conversation privée sans raison. L’âge, la maturité, le risque et la relation de confiance comptent.

L’école a publié des photos. Que faire ?

Demandez à voir la politique d’information ou de consentement et demandez le retrait si vous n’êtes pas d’accord ou si la photo expose l’enfant. Il est préférable que la communication soit écrite et calme afin qu’il existe une trace claire.

Si l’enfant subit du harcèlement en ligne, dois-je aller directement à la police ?

Cela dépend de la gravité. S’il existe une menace, un chantage, un contenu sexuel, un risque d’automutilation, du matériel illégal ou une répétition forte, ne vous limitez pas aux échanges scolaires. Dans les cas plus légers, commencez par les preuves, la plateforme, l’école et le conseil d’un spécialiste.

Sources utiles