Note d’archives : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.
Tout au long de son histoire, l’être humain a montré qu’il utilisait son imagination et son ingéniosité pour trouver des moyens de torturer son semblable. Au fil des siècles, et surtout pendant le sombre Moyen Âge, sont apparus certains des instruments de torture les plus brutaux, conçus pour provoquer des douleurs insupportables et une mort lente et suppliciante.
De nos jours, l’interdiction complète et absolue de la torture s’applique, telle qu’elle résulte de l’article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne (CDFUE), qui prévoit que « nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ».
En complément, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques dispose que « nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique ».
Malgré cela, nous sommes presque quotidiennement témoins de violences et de tortures, même dans notre pays. Une promenade dans le centre historique d’Athènes après le coucher du soleil suffit pour voir des passages à tabac et des comportements brutaux, surtout à l’encontre d’étrangers, lors de contrôles ordinaires d’identité par la police.
La Constitution en vigueur, à son article 7 § 2, prévoit que « les tortures, toute atteinte corporelle, toute atteinte à la santé ou toute violence psychologique, ainsi que toute autre atteinte à la dignité humaine, sont interdites et punies comme la loi le prévoit ».
Le Code pénal (CP) rend encore plus clair ce droit évident et indissociable, pas seulement théorique, de chacun à la sécurité de son intégrité corporelle.
Article 137A CP : Tortures et autres atteintes à la dignité humaine.
1. Le fonctionnaire ou le militaire dont les fonctions comprennent la poursuite, l’instruction ou l’examen d’actes punissables ou d’infractions disciplinaires, l’exécution des peines, ou la garde ou la surveillance de détenus, est puni de la réclusion s’il soumet à la torture, dans l’exercice de ces fonctions, une personne se trouvant sous son pouvoir, dans le but :
(a) de lui arracher, ou d’arracher à un tiers, des aveux, une déposition, une information ou une déclaration, notamment de renonciation ou d’adhésion à une idéologie ;
(b) de punir ;
(c) d’intimider cette personne ou des tiers. Est puni de la même peine le fonctionnaire ou le militaire qui, sur ordre de ses supérieurs ou de sa propre initiative, usurpe de telles fonctions et commet les actes visés à l’alinéa précédent.
2. Constitue une torture, au sens du paragraphe précédent, toute provocation méthodique d’une douleur physique intense ou d’un épuisement corporel dangereux pour la santé, ou d’une douleur psychique susceptible d’entraîner un dommage psychique grave, ainsi que toute utilisation illégale de moyens chimiques, narcotiques ou autres moyens naturels ou techniques dans le but de briser la volonté de la victime.
3. L’atteinte corporelle, l’atteinte à la santé, l’exercice illégal d’une violence physique ou psychologique et toute autre atteinte grave à la dignité humaine, commis par les personnes, dans les circonstances et aux fins prévues au paragraphe 1, lorsqu’ils ne relèvent pas de la notion du paragraphe 2, sont punis d’un emprisonnement d’au moins trois ans, sauf peine plus lourde prévue par une autre disposition. Sont notamment considérées comme atteintes à la dignité humaine :
(a) l’utilisation d’un détecteur de vérité ;
(b) l’isolement prolongé ;
(c) l’atteinte grave à la dignité sexuelle.
Nous avons recherché et trouvé certaines des tortures les plus abominables utilisées au fil du temps, soit dans les procès afin d’obtenir un témoignage, soit comme punition. Nous voulons croire que les images qui suivent appartiennent aux souvenirs lointains d’un passé sombre.
La fourche de l’hérétique
Une extrémité de cet instrument était fixée sous le menton de la victime et l’autre sur son sternum. Une sangle l’attachait au cou de l’hérétique malheureux. Immobilisée et soumise à une douleur extrême, la victime devait prononcer le mot latin « abiuro », « je renie », pour ne pas finir pendue ou brûlée.
Le goupillon de plomb
Cet instrument, rappelant l’aspersoir utilisé dans le rite catholique, était rempli de plomb fondu, de goudron, d’huile brûlante ou d’eau bouillante, puis utilisé pour supplicier les victimes en laissant couler son contenu sur différentes parties de leur corps. Si certains amateurs de sadisme pouvaient être fascinés par ses usages, la plupart des simples mortels placés du côté des victimes avaient une opinion tout opposée.
Le serre-doigts
Il existe de nombreuses variantes de cet instrument. Certaines étaient conçues pour broyer lentement les doigts, d’autres pour faire la même chose aux genoux et aux coudes. Il s’agit d’un simple étau, mais beaucoup plus douloureux.
L’arrache-langue
D’innombrables hérétiques et blasphémateurs ont perdu leur langue de manière violente avec ce simple instrument.
Le chevalet
Le chevalet est un dispositif dont l’unique but est de disloquer chacune des articulations du corps de la victime. Attaché le long de l’appareil par les poignets et les chevilles, le corps de la victime est étiré dans des directions opposées par la rotation de cylindres placés aux extrémités de l’instrument.
Les arrache-seins
Le but de cet instrument se comprend par son nom même. Conçu exclusivement pour les femmes, il fut largement utilisé contre des hérétiques, des femmes accusées d’adultère ou de blasphème.
La vierge de fer
Il s’agit d’un caisson de fer retrouvé à Nuremberg. L’intérieur de l’instrument est couvert d’objets tranchants soigneusement placés pour supplicier la personne malheureuse enfermée à l’intérieur. Les pointes atteignent les yeux, la poitrine et le dos de la victime, tout en évitant de blesser un organe vital, la laissant saigner et souffrir longtemps.
Les cisailles crocodile
Certains des meurtres les plus retentissants auraient été évités si cet instrument avait encore été utilisé. Il servait principalement contre les meurtriers de rois dans l’Europe médiévale. Il s’agissait essentiellement d’une pince de fer aux lames semi-cylindriques formant un tube étroit lorsqu’elles se refermaient. À l’intérieur se trouvaient des clous ou d’autres objets acérés, d’abord portés au rouge avant d’être appliqués aux organes génitaux de la victime. Lorsque ceux-ci étaient suffisamment brûlés, ils étaient arrachés du corps.
La chaise de Judas
L’Inquisition espagnole utilisa, parmi d’autres tortures, la chaise de Judas, également appelée berceau de Judas. Les victimes, attachées par des cordes, étaient placées de manière à s’asseoir sur la pointe acérée d’une chaise en forme de pyramide. Simple et efficace.
La poire
S’il existait quelque chose de pire que l’arrache-seins, ce qui paraît difficile, c’était sans doute la poire d’angoisse. L’instrument, semblable à une poire dont le corps était composé de quatre « feuilles » métalliques, était introduit dans le vagin, l’anus ou la bouche de la femme, selon l’infraction qui lui était reprochée : dans la bouche pour les hérétiques, dans les autres cavités pour les homosexuelles, les adultères ou simplement les femmes accusées de sorcellerie. Lorsque la poire était suffisamment introduite, ses feuilles métalliques s’ouvraient et causaient de graves lésions internes. L’instrument était rarement mortel et rarement utilisé seul : il était suivi d’une série de tortures tout aussi effroyables, spécialement dirigées contre les femmes.
La roue
Connue sous de nombreux noms, comme roue de broyage ou roue de sainte Catherine, cette méthode compte parmi les plus douloureuses. Plus instrument de mise à mort par la souffrance que simple moyen de torture, elle consistait à attacher la victime sur le côté de la roue pendant qu’un bourreau, à l’aide d’un marteau ou d’une barre de fer, lui brisait tous les os. La victime mettait des heures, parfois des jours, à mourir, tandis que quelques rares personnes recevaient, par « clémence », des coups mortels à l’estomac ou à la poitrine.
Le taureau de bronze
C’est un instrument dont nous pourrions être « fiers » comme peuple, puisque nous en détenons le brevet. Attribué à l’Athénien Périllos, qui l’aurait présenté comme un moyen de punir les criminels, il s’agissait d’un taureau de bronze creux, doté d’une porte sur le côté. La victime était introduite dans le taureau, sous lequel on allumait un feu jusqu’à ce que le métal rougisse. La victime était littéralement cuite à l’intérieur, tandis qu’un système complexe de tuyaux placé dans la tête du taureau transformait ses cris en sons rappelant un taureau furieux. La photographie qui accompagnait le texte était trompeuse quant à la joie des victimes.
Comme vous l’aurez compris, notre histoire contient un long catalogue de tortures. Et puisque nous avons toujours aimé voir notre semblable souffrir, il existe dans la capitale de Malte, l’historique Mdina, autrement appelée la « ville silencieuse », un musée des tortures.
Le bâtiment qui abrite le musée est en réalité une prison, dans les cachots de laquelle des centaines de personnes ont perdu la vie de manière extrêmement douloureuse jusqu’en 1813, date à laquelle elle a cessé de fonctionner.
Une promenade dans les cellules de pierre sombres et terrifiantes suffit à faire revivre dans l’esprit du visiteur les tortures de l’Empire romain, de la période de domination arabe et de celle des chevaliers de Malte.
Cadavres décapités, squelettes pendus, personnes mourant de la peste et, bien sûr, bourreaux debout, regardant d’un air sombre victimes et visiteurs : un spectacle réservé aux adultes. Les conclusions vous appartiennent.
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