Le mécanisme d’Anticythère au Musée archéologique national
Une exposition importante a récemment été inaugurée au Musée archéologique national, consacrée à l’épave, aux découvertes archéologiques et au mécanisme d’Anticythère.
Le mécanisme d’Anticythère, également connu sous le nom d’astrolabe ou d’ordinateur d’Anticythère, est un artefact ancien que l’on estime avoir été un calculateur mécanique et un instrument d’observations astronomiques.
Il a été découvert dans une épave au large d’Anticythère, mise au jour en 1900. Avec lui se trouvaient des dizaines de trésors, des statues de bronze et de marbre ainsi que d’autres objets remontés du fond de la mer par des pêcheurs d’éponges de Symi, que le Musée archéologique national expose aujourd’hui ensemble pour la première fois au public.
Les pêcheurs d’éponges de Symi remontent les découvertes de l’épave en 1900
D’après les inscriptions, il est daté entre 150 et 100 av. J.-C. et a occupé pendant plus d’un siècle toutes sortes de chercheurs de l’Antiquité. De nombreuses théories ont été avancées au fil du temps sur son usage, mais une certitude demeure : aucun mécanisme semblable n’a jamais été découvert. Le premier spécialiste à l’avoir étudié, le physicien, mathématicien et historien des sciences Derek de Solla Price, avait déclaré que le mécanisme constitue le plus ancien exemple conservé de technologie scientifique, bouleversant complètement les données relatives à la technologie grecque antique.
Le mécanisme constitue le plus ancien dispositif à engrenages conservé. Il est fabriqué en bronze, sur un cadre en bois. On soutient qu’il s’agissait d’un calculateur analogique conçu pour calculer les mouvements des corps célestes. Il comprend des roues dentées, des échelles, des axes et des aiguilles. En utilisant des lois astronomiques connues, il déterminait la position exacte du Soleil et de la Lune, peut-être aussi celle des planètes. Il calculait les phases de la Lune, les éclipses et la date de célébration des anciens jeux à couronne. Les inscriptions figurant à sa surface, rédigées en grec, comprennent un calendrier et des instructions d’utilisation du mécanisme.
L’exposition présente, avec le mécanisme, des paramètres astronomiques et la technologie de l’époque, qui aident à comprendre sa construction et son usage. Elle présente également l’évolution de son étude, les propositions d’interprétation de son fonctionnement et son créateur supposé, Posidonios d’Apamée en Asie Mineure ou Archimède de Syracuse.
L’exposition « L’épave d’Anticythère. Le navire - Les trésors - Le mécanisme », présentée par le Musée archéologique national, comprend au total 378 objets, dont les découvertes de la recherche archéologique plus récente dans la zone de l’épave, menée en 1976 avec l’aide du navire océanographique « Calypso » de J. Y. Cousteau.
Outre le mécanisme, auquel une salle entière est consacrée, les pièces exposées comprennent des sculptures, des objets de luxe, des vases en verre, en céramique et en bronze, des bijoux, des monnaies, des fragments du navire et même des restes alimentaires. L’exposition nous transporte entre 50 et 60 av. J.-C., lorsque le temps s’est arrêté pour ce navire malheureux, à une époque où le commerce et le transport maritime d’œuvres d’art avaient atteint leur apogée. Les découvertes datent de la période hellénistique, de la fin du IIe au début du Ier siècle av. J.-C., à l’exception de la statue de bronze de l’Éphèbe d’Anticythère, datée du IVe siècle av. J.-C.
L’Éphèbe d’Anticythère
L’exposition est coorganisée par le Musée archéologique national, la Fondation nationale de la recherche, l’équipe d’étude du mécanisme d’Anticythère et la Société d’étude de la technologie grecque ancienne. Elle est importante tant pour les remarquables découvertes de l’art et de la civilisation de la Grèce antique que pour la technologie de haut niveau des Grecs anciens, démontrée de manière éclatante par les résultats de l’étude du célèbre mécanisme d’Anticythère.
L’exposition durera jusqu’au 28 avril 2013, ce qui laisse suffisamment de temps pour que nous puissions tous parvenir à la visiter. Vous trouverez davantage d’informations sur le site du musée, www.namuseum.gr.
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