Note d’archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

Que rappeler d’abord ? Toute Athènes était passée par Aigli ou par Papaspyrou, à Syntagma, pour manger une pâtisserie Nougatina ou Serrano. Aujourd’hui, il nous faut une journée pour décider où aller, une heure pour lire le menu et une autre pour choisir ce que nous allons manger.

Il n’existait pas de maison sans une poupée immense, selon les critères actuels, décorant la chambre ou occupant une place d’honneur sur le canapé. Je me souviens que la mienne était brune, avec une robe rose.

Lorsque nous rendions visite à quelqu’un, nous achetions des biscuits Papadopoulou dans une boîte métallique, très moderne pour l’époque. Aujourd’hui, je l’utilise pour mes affaires de couture. Pour ceux qui ne buvaient pas d’alcool, nous achetions de l’orangeade, de la limonade ou de la boisson à la griotte IVI. Diluées avec un peu d’eau fraîche, elles vous tiraient rapidement et économiquement d’une situation difficile. Désormais, on ne les voit plus guère que sur une table de nuit d’hôpital.

Vous souvenez-vous des taka-taka ? Deux petites boules de bois attachées à une grosse corde, comme un grand komboloï de vingt centimètres. Nous ne laissions personne en paix, jusqu’au jour où ils furent interdits et où la police se mit à nous courir après.

Quant aux jeux collectifs, il y en avait à foison. Les pentovola, auxquels nous jouions souvent à la mer ou à l’heure de la sieste. Le xyliki, jeu de garçons, même si une exception était possible pour les filles intrépides. Les skatoulakia, pour lesquels il suffisait de quelques pierres plates ou morceaux de marbre, d’un ballon et de jambes rapides, car il fallait beaucoup courir. Les tsingakia, avec des capsules de bouteilles Fix, d’orangeade ou de limonade IVI, et un trottoir libre pour les pousser.

Et bien sûr le fameux koroido, où deux ou trois personnes se plaçaient de part et d’autre, avec une personne au milieu qui courait dans tous les sens pour attraper le ballon. Aujourd’hui, nous y jouons autrement : 300 se répartissent de part et d’autre, et 10 000 000 courent dans tous les sens sans savoir où ils vont ni ce qu’ils font.