Note d’archives : Le texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

En raison de la crise économique , nous aurions dû devenir plus sages et plus prudents dans nos critiques, nos choix et nos décisions.

En apprenant le surendettement de l’État, nous devions accepter l’adoption de mesures intelligentes de remboursement, ou de règlement, des dettes, de développement de l’économie et de remise en ordre de l’État.

Avant tout, il fallait élire les personnes appropriées, des responsables politiques capables, des spécialistes et des technocrates, qui assumeraient la tâche de trouver les solutions immédiates nécessaires par l’application de mesures de développement économique. Sans procédures électorales ni bavardages partisans.

Le choix des meilleurs n’est pas difficile. Il aurait suffi que les citoyens investis du droit de vote décident, en écartant les divisions partisanes, footballistiques, et les factions, de faire émerger les membres les plus capables de la société, en puisant dans le réservoir du pays mais aussi parmi les Grecs éminents de la diaspora.

On pouvait appeler les Grecs cosmopolites doués de l’étranger afin qu’ils nous apportent leurs connaissances, leur expérience et leurs lumières, à nous qui ne voulons pas voir plus loin que le bout de notre nez. Nous sommes incapables d’être gouvernés avec intelligence et mesure sans l’aide de spécialistes capables, expérimentés et talentueux.

La majorité des citoyens, exaspérée par les raids fiscaux inhumains et absurdes, par la réduction drastique des revenus, le chômage galopant et le dysfonctionnement de l’État, s’est tournée vers les extrêmes.

Les partis de l’extrême gauche , SYRIZA et DIMAR, ont obtenu des pourcentages que leurs dirigeants à vie n’auraient pas pu imaginer même dans leurs rêves. Ils se préparent déjà à gouverner en ramenant les figures insignifiantes du PASOK qui ont rejoint leurs forces, imperturbables et fières.

Le parti insignifiant de l’extrême droite a connu des honneurs et des gloires similaires, avec ses pourcentages grimpés à 7% et l’arrogance de son chef portée au plus haut.

Au lieu de sérieux, de travail intensif, de coopération et de gestes intelligents, les professionnels de la politique et des corporations ont trouvé comme bouc émissaire le “mémorandum”. C’est-à-dire la convention signée dans les circonstances du moment, dans sa première et sa deuxième phase, avec les partenaires européens et le FMI, grâce à laquelle sont comblés les trous du bilan de l’État.

Exploitant le mécontentement populaire, l’indignation sociale, la colère déchaînée de milliers de parasites rémunérés sans travailler, ainsi que la peur du licenciement des fonctionnaires en surnombre, les extrémistes de gauche, les extrémistes de droite, moins nombreux, et les plus impudents du centre droit ont formé un front, non contre la corruption, la bureaucratie chaotique, l’évasion fiscale et la kleptocratie agressive, mais contre les ...conventions de prêt dont nous avons besoin.

Le front fut constitué par les “anti-mémorandum”. Face à eux se dressèrent les “pro-mémorandum”.

La division nationale a ressuscité sous forme de caricature. À bas le mémorandum, vive les emprunts. Dénonciation immédiate du mémorandum et condamnation de celui-ci, mais poursuite de l’encaissement des prêts et ratification de la “décote” de la dette. Sans conditions. Sans préalables, sans engagements et sans obligations, car “le cou du Grec ne supporte pas le joug”...

Alors que les médias internationaux diffusent l’hilarotragédie de notre pays, les bouffons anti-mémorandum affrontent les insensés pro-mémorandum, remplissant les heures d’émissions télévisées de cris inarticulés, puisque tous parlent en même temps, d’offenses, d’insultes, de monstruosités, de comportements extrêmes et de déclarations absurdes.

Des émissions télévisées et radiophoniques, il ne ressort aucun sens. Nous comprenons seulement que les intervenants mis en avant disposent en surabondance d’impudence, d’audace et d’ignorance.

Ceux qui se nomment eux-mêmes “anti-mémorandum” cachent que le mémorandum de mai 2010 n’a pas été mis en œuvre et que les changements structurels imposés n’ont pas été réalisés pour poser les bases du développement, par les investissements et les exportations. L’étatisme n’a pas été supprimé, la consommation à crédit n’a pas cessé. Les professions fermées des corporations n’ont pas été ouvertes et les réformes urgentes nécessaires n’ont pas été effectuées.

Ils écartent le fait que la conséquence de la résistance aux réformes nécessaires et de l’échec, ou de l’indifférence, des politiques, tant de la majorité que de l’opposition, fut la nécessité du deuxième mémorandum, avec la réduction du salaire journalier minimum de 22%, à un niveau toutefois trois fois supérieur à celui de la Bulgarie, ainsi que d’autres restrictions et obligations.

Au lieu d’une confrontation, d’une critique et d’un dialogue sur les raisons de la non-réalisation des réformes et des changements, les “anti-mémorandum” sont partis en campagne contre les “pro-mémorandum”, déclarant avec cris, menaces et anathèmes, notamment Kammenos, qu’ils jugeraient leurs adversaires pro-mémorandum pour haute trahison, libéreraient le pays, dénonceraient le mémorandum et triompheraient en vainquant les “usuriers internationaux”.

Les déclarations des partis et groupuscules de la gauche marxiste et de l’extrême droite national-socialiste furent identiques, voire pires.

Rangés dans le camp des anti-mémorandum, tous les extrêmes et les exaltés ont déclaré la guerre aux dirigeants de l’Allemagne, de la France, des États-Unis, au FMI, aux usuriers et au capitalisme, tout en restant attachés à l’étatisme, à la bureaucratie, aux corporations, aux protections, aux emplois fictifs et aux autres dysfonctionnements et échecs qui ont provoqué la crise intérieure et endémique.

Par leurs excès, leurs incohérences, leurs déclarations enflammées et leurs manifestations extrêmes, les minuscules partis de l’extrême gauche ont réussi à sortir de l’obscurité.

Déjà, l’un d’eux, le plus extrême et le plus exalté, revendique le gouvernement avec la perspective de répéter l’exploit du PASOK, lui aussi extrême, des années 80.

L’autre groupuscule de Kouvelis prêche la “mesure” et la perspective européenne, tout en restant collé aux doctrines gauchistes dépassées du siècle dernier. Sans trace de renouvellement, malgré son nom.

Le parti de Kammenos donne le ton au mouvement anti-mémorandum de l’absurdité. Il ne coopère avec personne, ne parle à personne et rejette obstinément le mémorandum, cause supposée de tous les maux du pays.

C’est pourquoi les pro-mémorandum n’ont pas réussi à coopérer entre eux ni avec les anti-mémorandum. Car les deux camps opposés tirent leur force de la sottise du grand nombre qui, au lieu d’exiger des solutions rationnelles, modernes et éclairées, préfère se comporter comme il en a l’habitude : comme dans un stade, avec les termes et les comportements des supporters de football. Et le temps passe, s’écoule et se perd, avec les occasions d’une sortie immédiate de la crise...