De l'Antiquité à 1821 :
Un parcours de luttes et de création
En participant à la commémoration des deux cents ans de l'indépendance, afin d'honorer les combats de nos ancêtres, six articles consacrés à notre histoire seront publiés.
Des siècles avant l'époque de notre grand-père Homère (IXe siècle av. J.-C.), commence un parcours de luttes et de création. Le chemin de la création culturelle sera menacé par la guerre des Perses contre les Grecs. Mais, heureusement pour la Grèce et pour l'Europe :
En 490 av. J.-C., aux Thermopyles, Miltiade vaincra l'armée nombreuse des Perses.
En 480 av. J.-C., à Marathon, Léonidas, avec 300 Spartiates et 700 Thespiens, tombera en combattant pour la liberté de la patrie.
En 480 av. J.-C., à Salamine, Thémistocle détruira la flotte perse.
En 479 av. J.-C., à Platées, Pausanias vaincra les Perses. C'est la victoire décisive contre les Perses, celle qui met fin au danger perse. Cette victoire arrêta l'avancée des Perses contre la Grèce et l'Europe.
Si les Perses avaient vaincu, la Grèce aurait fait partie de l'empire oriental. Et, bien entendu, aucune des évolutions intellectuelles et culturelles du Ve siècle av. J.-C. n'aurait suivi. Il n'y aurait pas eu de « siècle d'or », avec ses créations universelles.
Certes, la guerre du Péloponnèse suivit (431-404 av. J.-C.) et conduisit à l'effondrement d'Athènes comme de Sparte. De même, les différends sans fin entre les cités-États conduiront à la domination de Philippe de Macédoine.
Alexandre le Grand unira les Grecs, mènera campagne contre les Perses et fécondera les confins du monde habité par la civilisation grecque. Avec la mort d'Alexandre le Grand commence une nouvelle période de l'histoire, la période hellénistique. L'esprit grec continuera de féconder le monde alors connu.
Les philosophes stoïciens (300-250 av. J.-C.) dépasseront les limites étroites de la cité-État et parleront de toute l'oikoumène, de la cité du monde, fondant ainsi le cosmopolitisme.
Les épicuriens proposeront la perspective d'une vie agréable (to zen hedeos), obtenue par l'absence de toute douleur et de toute crainte.
En 146 av. J.-C., les Romains conquièrent la Grèce. Mais, avec le temps, la supériorité culturelle de la Grèce conquit Rome. Comme l'a dit de façon caractéristique le poète romain Horace : « La Grèce, conquise par le fer, soumit son rude vainqueur et introduisit les arts dans le Latium rustique. »
Peu à peu et de manière invisible, l'Empire romain se transformera en Empire byzantin, phénomène unique dans l'histoire de l'humanité. Et l'Empire byzantin survivra mille ans, devenant l'empire le plus durable de l'histoire.
La nouvelle religion, le christianisme, s'appuiera sur la langue et la philosophie grecques. Dès le IIIe siècle av. J.-C., l'Ancien Testament fut traduit de l'hébreu en grec par soixante-douze savants juifs et devint ainsi connu des Juifs. Les Évangiles (sauf un), les autres livres du Nouveau Testament ainsi que les œuvres des grands Pères de l'Église furent écrits en grec.
Grâce à la langue grecque, l'universalité de l'hellénisme rencontra l'universalité du christianisme pour devenir soutien et espérance de toute l'oikoumène. Plus tard, le transfert de la capitale de l'État romain de Rome à Constantinople contribua à rapprocher davantage l'hellénisme et le christianisme.
La synthèse créatrice de la pensée grecque antique et du christianisme donnera naissance à Byzance. Au fil du temps, Byzance devient chrétienne et grecque et, après le schisme des Églises, le monde de notre Orient, l'Orient orthodoxe, se distingue de l'Occident catholique.
Dans la grande diversité des peuples de l'État byzantin, les Grecs se distinguent par leur culture.
Le rayonnement du monde et de la culture byzantins survécut même après les dix siècles de son existence, en raison de sa singularité culturelle et de l'Orthodoxie, par laquelle il exerça une influence bienfaisante sur d'autres peuples, par exemple les Slaves.
Après la prise de la Ville, le Phanar (Patriarcat œcuménique), le Mont Athos, les monastères et les rares écoles veilleront à la préservation de la tradition, de la religion et de la langue gréco-orthodoxes.
Le sentiment de ce grand héritage culturel ne s'est jamais effacé de la mémoire collective des Grecs, même pendant la période de la domination ottomane. L'histoire pluriséculaire, l'Antiquité grecque et la tradition gréco-orthodoxe seront préservées et deviendront les forces motrices de la révolution de 1821, pour la fin de la barbarie turque (à suivre).
Pavlos Marantos
marantosp@gmail.com
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