Note d’archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

La famille est une institution protégée à la fois par la Constitution et par l’article 9 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, lequel prévoit que le droit au mariage et le droit de fonder une famille sont garantis conformément aux législations nationales qui en régissent l’exercice.

La manière dont cette institution est protégée n’est pas analysée dans cette brève note ; sont toutefois invités à s’en saisir ceux qui ont une opinion et s’intéressent au sujet.

La question est de savoir si la famille, en tant qu’unité sociale et en tant qu’institution, est respectée, si elle est soutenue par les citoyens, si elle traverse une crise et de quelle nature.

Il a été constaté que les jeunes, dans leur majorité, créent difficilement des engagements durables et, plus difficilement encore, une famille autonome. En Grèce, les hommes et les femmes décident de fonder une famille vers l’âge de quarante ans, ou même plus tard ; une tendance analogue s’observe dans le reste de l’Europe, contrairement aux pays d’Asie et d’Afrique.

Aujourd’hui, les familles se dissolvent avec facilité, contrairement au passé, il y a quelques décennies, lorsque la famille était considérée comme une institution permanente, indissoluble et inébranlable, que les divorces constituaient l’exception et que les tribunaux, avec retenue et après une procédure longue de plusieurs années, prononçaient la dissolution des mariages. Désormais, fonder une famille ne figure plus parmi les rêves du jeune adulte ; c’est une perspective lointaine, qui n’occupe pas une place prioritaire.

Le premier intérêt du jeune est l’autonomie économique, la réussite professionnelle à cette fin sans efforts particuliers, l’acquisition de biens, surtout de luxe, l’effort réduit au minimum, les divertissements sans interruption et les divertissements des vacances.

Le jeune n’a pas de motivations pour fonder une famille et il semble que la famille, comme institution, soit désapprouvée, de même que le fait d’avoir des enfants, notamment plus d’un.

Les femmes, mues par l’instinct de maternité, lorsqu’elles commencent à approcher de l’âge de quarante ans, envisagent sérieusement d’avoir un enfant et de fonder une famille, sans s’intéresser particulièrement au choix de l’homme qui deviendra leur époux, après avoir recherché l’époux idéal, censé réunir des vertus et des conditions propres à assurer à la femme une vie sans souci. Le résultat de cette recherche est la formation de relations superficielles et de mariages qui ne sont pas destinés à durer, parce que les conjoints ne parviennent pas à s’entendre, même sur des choses insignifiantes, ni à coexister dans une communauté de vie, et encore moins dans une communauté durable, comme on l’enseignait autrefois.

Les hommes ont des désirs et des objectifs correspondants. Ils recherchent la femme idéale, qui doit leur offrir au moins ce que leur mère leur offrait, et même davantage ; surtout, la future épouse doit disposer d’une aisance financière afin d’assurer à l’homme une vie sans souci et de satisfaire pleinement tous ses désirs et fantasmes amoureux, en obéissant et en exécutant ses ordres sans contradiction.

Telles sont, dans leurs grandes lignes, les conceptions contemporaines qui ne soutiennent ni la famille ni son institution.

La question se pose toutefois de savoir s’il vaut la peine de soutenir l’institution familiale, pour quelle raison, et si elle doit céder sa place à une autre institution, et laquelle.

Nous reviendrons sur cette question avec d’autres opinions et points de vue.