Dans l'article précédent, nous avons évoqué la génération de la facilité et de la dépense. C'était la génération de l'après-dictature, qui a lourdement endetté le pays. Mais c'était aussi la génération du divertissement, qu'elle a transmis à la génération suivante. C'est ainsi que s'explique le désir difficilement contenu de divertissement dans la génération actuelle.
Se sentant coupable, la génération précédente, celle de la facilité et de la dépense, a enseigné le même chemin à ses enfants. Ainsi, malgré la faillite du pays et celle de nombreux particuliers, certains continuent comme si rien ne s'était passé.
Et les enfants, suivant les pas de leurs parents, sont devenus la génération du divertissement. Ainsi, malgré la pandémie et les mesures de protection sanitaire qu'il est nécessaire de respecter selon les scientifiques, cette génération se déchaîne dans différents rassemblements festifs liés au coronavirus.
Les jeunes de cette génération se rassemblent régulièrement dans des fêtes collectives organisées en ligne, le plus souvent sans aucune mesure de protection de la santé publique. Et lorsque la police est appelée à faire respecter la loi, certains plus emportés entrent en conflit avec elle et les actes de vandalisme commencent.
Ce qui les préoccupe est le droit au divertissement. Peu leur importe de respecter les heures de tranquillité, de déranger les autres ou de faire souffrir des personnes vulnérables par leur comportement. Ils protestent en criant : nous nous amusons et c'est notre droit. Peu nous importe que cela ne plaise pas à certains ou que certains soient dérangés.
Quant au conflit avec la police, il semble que certains membres de cette génération aient perdu toute mesure. Souvent, ils ne travaillent pas ou restent étudiants indéfiniment. Ils dorment le jour et s'amusent la nuit. Par inaction et par ennui, ils veulent agir, se défouler. Ils le font en s'opposant à la police.
Quel type de divertissement recherchent-ils ? Des rassemblements dans des espaces fermés ou ouverts, de la musique très forte, une bière à la main, souvent des inconnus parmi des inconnus, qui crient et sautent au rythme de la musique.
Après plusieurs heures, généralement à l'aube, la fête se termine. Les uns fatigués d'être restés debout, d'autres épuisés par une agitation sur place, d'autres encore vidés par l'ennui ou ivres d'alcool reprennent le chemin de la maison.
Alors qu'ils avaient pour objectif de sortir et de s'amuser, ils reviennent souvent vides, comme un récipient creux. C'est pourquoi ils font du bruit.
Certes, plusieurs membres de cette génération ne travaillent pas et n'ont donc pas de revenu. Ils sont, autrement dit, sans un euro en poche. Ils vivent aux frais de leurs parents. Mais cela leur est indifférent. Ils pensent que leurs parents ont l'obligation de les nourrir. Lorsqu'ils se réveillent, l'après-midi du lendemain, ils commandent un freddo cappuccino au livreur. Ils s'ennuient ou n'ont même pas appris à préparer un café.
Les parents n'osent pas dire un mot. Ils reçoivent les comportements qu'ils ont eux-mêmes cultivés. Ils ont perdu la partie de l'éducation de leurs enfants dès la petite enfance. C'est alors que se construit le caractère de l'enfant, et c'est alors qu'ils devaient prêter attention à son éducation. Plus l'enfant grandit, plus il devient difficile pour le parent d'influencer la formation de son caractère.
La génération du divertissement se désintéresse des choses importantes, comme la santé, la sienne et celle des autres. Elle se désintéresse des conséquences de son comportement. Le sens de la responsabilité individuelle et sociale fait défaut. Le sens de la mesure fait défaut. Et sans sens de la mesure, tout peut arriver.
La génération du divertissement s'intéresse, avec autosatisfaction et arrogance, uniquement à son propre confort. Incapable d'une véritable élévation de l'esprit, elle ne recherche que le divertissement.
Et bien sûr, le flirt et la relation, qui pourraient donner un sens à la vie de ces jeunes, font entièrement défaut. Seuls et privés d'amour. Tout au plus une rencontre soudaine, pour une aventure passagère. Puis une chemise vide et une solitude sans fin.
Παύλος Μάραντος
marantosp@gmail.com
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