Note d'archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.
Je suis née dans un pays libre, j'ai grandi avec l'idée de démocratie courant dans mes veines et j'ai appris, comme chaque enfant grec le doit, à respecter ma patrie et à la protéger.
J'ai aussi appris que j'ai le droit d'exprimer librement mon opinion, pourvu que je ne porte atteinte à personne par cette opinion et que je dise toujours la vérité.
Ma liberté d'expression, je l'ai gagnée comme nous tous, et elle est un droit indissociable de ma personne.
Le 10 décembre 1948, lors de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme a été adoptée à l'échelle mondiale, consacrant la liberté d'expression.
Êtes-vous sûrs qu'elle s'applique encore ? Moi, je ne le suis plus.
Cela s'appelle ACTA, Anti-Counterfeiting Trade Agreement, et c'est un accord signé le 1er octobre 2011 par l'Australie, le Canada, le Japon, le Maroc, la Nouvelle-Zélande, Singapour, la Corée du Sud et les États-Unis.
En janvier 2012, l'Union européenne a également donné son accord, et vingt-deux États membres ont signé, y compris la Grèce.
Je ne me souviens pas d'en avoir entendu parler aux informations. Pourquoi tout ce secret ? Pour que l'accord entre en vigueur, au moins six des trente et un États qui l'ont déjà signé doivent le « légaliser ».
Cet accord prétend protéger tout ce qui existe sur Internet et est accompagné de copyright, en interdisant toute republication, de manière ouverte ou cachée. Mais il n'est pas si innocent.
Il s'agit, entre autres, surtout d'imposer une censure absolue sur tout ce qui circule par Internet, afin de contrôler toutes les informations, la communication libre, les liens entre les personnes, l'échange de pensées, d'opinions et d'avis, ainsi que les protestations, les réactions aux décisions des gouvernements et, par-dessus tout, l'interdiction de la critique et de toute opposition aux pouvoirs.
La vidéo suivante expliquera pleinement ce que nous avons perdu en janvier 2012. Moi, je ne peux plus le dire. Je n'ai plus de liberté d'expression.
http://www.youtube.com/watch?v=63JyXmu0fqM
Mais je suis Grecque et je n'ai pas appris à baisser la tête. Pour nous fermer la bouche, il faudra transformer tout le pays en prison afin qu'il puisse nous contenir, ou plutôt toute la planète. Car la vérité ne se cache pas, ne s'étouffe pas et ne se bâillonne pas.
La vérité brille.
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