Note d'archive : Ce texte provient de l'ancien fonds de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.
En raison des nouvelles mesures fiscales et des charges qui pèsent principalement sur les revenus moyens et inférieurs, sont publiées des lettres de protestation, des recours et des appels de ceux qui sont touchés et lésés.
On suit une « tactique » d'inspiration médiévale : ce n'est plus le citoyen, mais le sujet, qui s'adresse au « seigneur » et au « gouvernant » pour qu'il daigne jeter un regard compatissant sur l'indigent.
Il manque la fierté, l'honneur et la dignité du citoyen, qui possède et revendique ses droits sociaux, politiques et ceux que la morale et la loi garantissent, au moins les droits élémentaires, les droits humains.
Le pouvoir, dans ses trois manifestations, législative, administrative et judiciaire, ne tolère pas le citoyen comme porteur de droits et de valeurs, comme son égal et, dans bien des cas, comme supérieur à lui. Il le veut intimidé, plaintif, protestataire, épuisé, rampant et suppliant.
Dans ce contexte, la lettre datée du 28.07.2012 d'un professeur de l'École polytechnique, protestant auprès du ministre des Finances pour des évidences, est frappante. Son revenu diminue radicalement alors qu'il est père de six enfants mineurs, pour lesquels il est contraint de consacrer jusqu'à la dernière ressource issue de son travail.
Les protestations de ce père de famille nombreuse ont été formulées après réception de son avis d'imposition par le fisc, avis qui lui imputait l'équivalent de quatre salaires mensuels nets.
Cette charge est née de la décision de réduire soudainement et radicalement l'abattement fiscal applicable aux familles nombreuses, augmentant brutalement, comme le souligne précisément le professeur, l'impôt annuel d'environ 3 000 €.
Le professeur étaye sa protestation par des arguments et des raisonnements logiques, concluant que cette situation de fiscalité irrationnelle, spécialement pour les familles nombreuses, « conduira à un désespoir extrême, avec des conséquences très douloureuses pour ces familles et pour le pays ».
Cependant, les protestations, constats et critiques ne suffisent pas à améliorer notre situation économique. Ici vaut le dicton : « à la porte du sourd... »
Nous ne verrons d'amélioration que si le gouvernement, quel qu'il soit, à trois, quatre, cinq ou un seul parti, avec les citoyens, et non avec les « masses » et les « couches » dont parlent marxistes et non-marxistes en y ajoutant l'adjectif « populaires », revient dans le monde de la réalité.
Autrement dit, il faut abandonner les complexes, les obsessions idéologiques, le populisme, le partisanisme balkanique et les nuages. Il faut comprendre et admettre les erreurs commises par des actes et par dol, ou encore par l'inertie et les omissions de la majorité.
Il n'est pas concevable que nous soyons, majoritairement, un peuple de protestataires permanents, jugeant, critiquant et condamnant sans cesse. Des actes concrets sont nécessaires.
Les corporations doivent disparaître immédiatement ou, dans le pire des cas, suspendre pendant quelques années leur action de démolition, en cessant de vendre de la protection.
Les partis doivent abandonner leur activité partisane effrénée et incontrôlée, ainsi que la guerre totale, de type goebbelsien, menée contre la société, en présentant des propositions réalisables, logiques et praticables pour résoudre les problèmes sociaux, économiques et nationaux.
Il n'y a pas besoin de cris extrêmes ni d'actions extrêmes dans notre minuscule pays, qui a besoin que ses citoyens deviennent actifs, conscients, véritables citoyens, intéressés les uns aux autres et tous ensemble au bien commun.
Pour trouver des solutions urgentes aux problèmes pressants, non seulement économiques mais aussi sociaux, éducatifs, migratoires, culturels et autres, il faut simplement se conformer aux règles du bon sens.
Ces règles exigent :
(a) un climat politique apaisé de coopération, sans extrémismes ni affrontements frontaux,
(b) l'appel aux personnes capables et spécialisées, de préférence parmi les Grecs cosmopolites distingués que nous avons brutalement envoyés dans la diaspora, libérés des complexes balkaniques de misère, afin qu'ils assument des secteurs correspondants de l'action politique, économique et gouvernementale, indépendamment de toute appartenance ou étiquette partisane, avec pour atouts leur remarquable maîtrise des langues, leur longue expérience et leur notoriété internationale,
(c) des actions immédiates qui troubleront et purifieront le marécage verdâtre de l'inaction installé par l'une des factions politiques en 1981,
(d) un changement de comportement et d'action des cadres de l'autre faction, qui a ramené en 1974 le « chef national » retraité, avec un rejet immédiat du néoplasme de la gouvernance clientéliste fondée sur la nomination des parents, amis et connaissances, et
(e) un contrôle social des trois pouvoirs afin de limiter les excès, les arbitraires, l'insensibilité de l'État et l'injustice insupportable envers les faibles, et enfin,
(f) un intérêt sincère des installés et des prospères, qui ne sont pas peu nombreux et proviennent, dans leur immense majorité, soit des réseaux partisans, soit des faveurs de la corruption et de la concussion, pour les opprimés, les socialement lésés, les démunis et les faibles.
Pour ces raisons, les protestations, appels, supplications et prières adressés au pouvoir doivent cesser, et l'action doit être assumée par les citoyens, porteurs d'un pouvoir incorruptible et authentique, appelés à devenir actifs et à ne pas rester de simples particuliers.
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