Il est connu que les grèves ont lieu surtout dans le secteur public et très rarement dans le secteur privé. Il est également connu que le secteur public, qui comprend aussi les entreprises et organismes publics de toute nature, sert l'intérêt public. Il sert la société.
Enfin, il est connu que les grèves sont proclamées par une poignée de syndicalistes partisans, non pas sur la base des intérêts des travailleurs, mais sur la base des intérêts des partis. Autrement dit, une faible minorité décide contre l'écrasante majorité des travailleurs.
S'agissant des grèves dans le secteur public, celles-ci ont des effets plus ou moins importants sur la société, selon l'utilité, le caractère monopolistique et les caractéristiques de l'entreprise ou de l'organisme concerné. Il existe des grèves qui prennent la société en otage.
Ainsi, par exemple, lorsque le monopole de la DEI existait, certains syndicalistes baissaient les interrupteurs et paralysaient le pays. En outre, pour montrer qui commandait réellement à la DEI, des syndicalistes faisaient irruption dans les bureaux de l'entreprise, intimidant comme de véritables brutes.
Il existe donc une nécessité de passer du syndicalisme irresponsable au syndicalisme responsable. Le nouveau droit du travail y contribue, car il comporte plusieurs dispositions de bon sens et règle des pathologies anciennes, telles que :
A) La protection de la société contre les grèves. Enfin, l'évidence est réglementée : un service public ne doit pas s'arrêter entièrement lorsqu'une grève est proclamée. Ainsi, dans chaque grève touchant les services d'utilité publique, un personnel de sécurité doit obligatoirement être présent.
B) L'interdiction de proclamer à nouveau une grève illégale. Une absurdité chronique prend fin. Ainsi, si les juridictions jugent une grève illégale, elle ne peut pas être proclamée à nouveau par une organisation syndicale de second ou de troisième degré.
C) L'application de la carte de travail numérique. Avec cette carte numérique, qui constituait aussi une demande de la GSEE, sont combattus le travail non déclaré et les heures supplémentaires non déclarées.
D) L'égalisation de l'indemnité de licenciement des employés et des ouvriers. L'indemnité de licenciement des ouvriers est augmentée et alignée sur celle des employés. Enfin, une distinction inacceptable et anachronique entre employés et ouvriers est supprimée.
E) La prise de mesures contre la violence et le harcèlement. Des mesures préventives et répressives sont adoptées pour lutter contre la violence et le harcèlement au travail, avec la ratification de la convention pertinente de l'Organisation internationale du travail.
F) La prise de mesures pour la santé et la sécurité des travailleurs. La convention pertinente de l'Organisation internationale du travail sur la santé et la sécurité au travail est ratifiée.
Le projet de loi qui devrait être adopté dans les prochains jours par le Parlement contient, outre les améliorations ci-dessus, d'autres changements qui modernisent la législation du travail, notamment :
A) Des mesures de transparence dans le syndicalisme. Parmi celles-ci figurent la possibilité de participation à distance des travailleurs et l'inscription des organisations syndicales dans des registres.
B) La création de l'Inspection du travail en tant qu'autorité administrative indépendante, afin qu'elle ne dépende pas du ministre du travail en fonction.
C) La fin de l'arbitraire et de l'immunité des syndicalistes. Les syndicalistes engageront leur responsabilité civile lorsqu'ils recourent à la violence ou commettent plus généralement des actes illégaux pendant les grèves.
D) La fin des liens de dépendance entre syndicats, partis et employeurs. Le soutien des organisations syndicales par les employeurs et les partis est interdit. Bien entendu, il existe une différence entre le soutien des partis aux revendications syndicales et la dépendance des syndicats à l'égard des partis.
Après la guerre, il y eut un âge d'or des syndicats. Pourtant, les syndicats grecs n'ont rien fait pour développer une conscience du travail. Prisonniers des partis, ils veillaient aux intérêts des partis et ignoraient les intérêts réels des travailleurs.
Le nouveau projet de loi sur le travail est en faveur des travailleurs, et non contre eux. D'abord, des mesures sont prises en leur faveur. En outre, la législation du travail est modernisée et adaptée à celle des pays européens les plus avancés.
Le gouvernement a, en vertu de la Constitution, pour mission de gouverner le pays et de résoudre les problèmes. L'opposition a pour tâche de faire opposition. Et le peuple exige du gouvernement une marche plus rapide et des réformes dans tous les domaines.
Pavlos Marantos
marantosp@gmail.com
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