Des déclarations attribuées à un substitut du procureur général près la cour d’appel ont été publiées dans la presse. Celui-ci critique, ou « fustige », le pouvoir législatif pour avoir permis le rachat des peines d’emprisonnement allant jusqu’à cinq ans, en imputant largement cette réforme, comme d’autres, « à des universitaires qui exercent la profession d’avocat et agissent ainsi dans l’intérêt de leurs clients ».

Ces déclarations du parquet, ainsi que leur auteur, ont été salués avec excès par certaines personnalités publiques dans des articles publiés dans des quotidiens athéniens, tels que « To Vima », « I Estia » et « Kathimerini ».

Une question se pose pourtant : le magistrat qui a tenu ces propos soutient-il sérieusement que toutes les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement devraient être incarcérées ? S’il défend l’incarcération de toutes les personnes condamnées à une peine privative de liberté, ignore-t-il que les prisons ne remplissent pas leur vocation, ni même ne s’approchent du but pour lequel elles ont été créées et existent, puisqu’elles ne sont pas de véritables établissements de réinsertion, mais des dépôts de douleur et de souffrance, d’humiliation de l’être humain et des écoles supérieures de criminalité ? C’est donc à juste titre que le pouvoir législatif a permis le rachat des peines d’emprisonnement, afin que ne soient pas incarcérées toutes les personnes qui, pour une raison quelconque, ont enfreint la loi ou ont eu le malheur d’être impliquées dans une poursuite ayant abouti à une condamnation, laquelle n’est pas toujours le produit d’une appréciation judiciaire correcte.

Sur ce sujet, il faut ouvrir un dialogue et confronter les avis et les jugements. Il faut interroger les universitaires, ou certains d’entre eux, sur les raisons pour lesquelles leur silence laisse accepter la position du parquet, qui ne leur reconnaît ni bonnes intentions, ni motivations idéologiques ou scientifiques, mais ne voit dans leur attitude qu’un intérêt personnel. Il faut apporter une réponse immédiate et appropriée à ce magistrat, ne serait-ce qu’en rappelant qu’il existe de nombreux universitaires qui n’exercent pas la profession d’avocat et qui n’ont aucune raison de ne pas servir la science, l’humanité, la raison et, surtout, l’éthique.

Avant tout, le dialogue doit être repris sur la finalité de la peine, en tenant compte également des recherches contemporaines en criminologie, selon lesquelles l’infliction d’une peine ne freine pas la criminalité. Le fait que les prisons soient, plus ou moins, des cycles d’études supérieures en criminalité doit lui aussi être pris très au sérieux.