Note d’archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.
Après environ neuf ans, le Tribunal administratif de première instance d’Athènes, par sa décision définitive n° 1881/2011 (qui pourrait encore être infirmée par la cour d’appel), a accueilli en partie l’action de la famille d’Alexandra B. (composée de ses parents et de son frère). Celle-ci avait été laissée sans assistance jusqu’à mourir empoisonnée dans sa cellule, dans les prisons judiciaires de Korydallos, où elle avait été placée en détention provisoire (pour être « corrigée »), sous la responsabilité des organes étatiques compétents.
Le tribunal administratif a jugé que les agents pénitentiaires (surveillants), qui servaient dans les prisons de femmes de Korydallos, et par conséquent l’État, dont ces agents étaient les organes, étaient responsables du décès par stupéfiants de la jeune détenue provisoire, âgée de seulement 22 ans, étudiante polyglotte, brillante dans ses études comme dans le sport, parce qu’ils avaient fait preuve de négligence dans l’exercice de leurs fonctions. Les agents pénitentiaires (en l’espèce des femmes) avaient l’obligation de service d’empêcher l’introduction dans la prison de substances stupéfiantes, consommées par les trois toxicomanes (malades) mortes enfermées et sans assistance dans une mort atroce, dont Alexandra.
Plus précisément, le décès d’A. B. est survenu le 31.12.2002, à l’aube de la nouvelle année, avec deux autres jeunes femmes, l’une de 19 ans et l’autre de 41 ans, toutes enfermées dans la même cellule de la mort, en raison de l’usage de stupéfiants dont la circulation s’effectue librement à l’intérieur des prisons, à la connaissance des responsables. Selon la déposition sous serment d’une agente pénitentiaire, recueillie dans le cadre de l’instruction relative au décès des trois femmes, la circulation de stupéfiants dans les prisons contribue au « calme » des détenus et à la tranquillité des « établissements correctionnels ».
À l’occasion du décès de ces jeunes femmes, établi par la décision du Tribunal administratif de première instance d’Athènes, ainsi qu’en raison d’autres faits similaires, l’organisation non gouvernementale « Union de citoyens pour les droits humains » a procédé, au cours de l’année 2010, par l’intermédiaire de son président, à des dénonciations nominatives sous serment et a remis des éléments documentaires précis au parquet de première instance du Pirée, afin que le mécanisme étatique s’oriente correctement vers la poursuite des trafiquants de drogue et laisse les toxicomanes tranquilles pour qu’ils puissent se soigner.
Il convient de noter que toute la sévérité de l’État ne s’épuise pas contre les marchands de mort ni contre les fonctionnaires publics parjures, qui deviennent responsables de tels faits, mais contre de jeunes malades principalement, que l’on anéantit par des détentions provisoires de plusieurs mois (toujours prolongées), par des poursuites continues et par des peines d’emprisonnement inhumaines, souvent à perpétuité. Est récent, du reste, le cas du rejet de la demande d’une jeune accouchée détenue provisoirement tendant à être libérée avec son nouveau-né ; cette demande a été rejetée, à la majorité, par décision du Conseil des juges correctionnels d’Athènes (Nomika Epilekta : « maintien de la détention provisoire d’une jeune mère »), avec pour résultat que cette jeune femme est restée en prison, en violation du principe de la présomption d’innocence ainsi que des principes d’humanité et de civilisation, qui ne jouissent pas d’un respect et d’une estime particuliers dans notre pays.
Au sujet de la décision précitée du Tribunal administratif de première instance d’Athènes, une note plus étendue suivra, avec référence à l’appréciation correspondante du Tribunal de grande instance d’Athènes siégeant en formation collégiale, qui a évalué la vie de cette même jeune femme à la somme de 20.000 € !
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