Note d’archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

Le temps des tempêtes - la Révolution française dans la mémoire des femmes - aristocrates, bourgeoises et paysannes témoignent, de Marilyn Yalom, traduit par Evi Kladouchou, aux éditions Agra (titre original : Blood Sisters, The French Revolution In Women Memory), est un ouvrage d’histoire intéressant, composé uniquement de mémoires féminins sur la grande Révolution française de 1789, longtemps demeurés inconnus du public non spécialiste.

La très grande majorité des femmes qui ont rédigé leurs mémoires étaient des aristocrates, en raison de leur éducation, contrairement aux femmes du peuple, souvent entièrement analphabètes, qui devaient dicter leurs souvenirs et leurs expériences.

Comme l’observe l’autrice dans son introduction, toutes ces femmes, aristocrates, bourgeoises, royalistes, républicaines, quelques paysannes et ouvrières, étaient liées par un même cauchemar : l’expérience d’avoir survécu alors que tant d’autres avaient disparu, expérience qui engendre souvent ce que l’on appelle la culpabilité du survivant.

Parmi les témoignages les plus caractéristiques figurent les mémoires de Madame Roland, dont l’époux fut ministre de l’Intérieur du gouvernement issu de la Révolution, de 1791 à 1793. Malgré ses convictions républicaines authentiques, elle fut arrêtée et demeura cinq mois en prison dans le cadre des purges de Robespierre en 1793. Durant sa détention, elle rédigea l’œuvre considérée comme la plus importante de l’ensemble. Une mention particulière est faite de ses mémoires, car c’est à elle qu’est attribuée la célèbre phrase prononcée avant sa mise à mort :

  • « Liberté ! Que de crimes ont été commis en ton nom ! »

Le livre se distingue par une documentation complète et par une traduction réussie, qui permet au lecteur de maintenir son intérêt tout en découvrant les expériences de femmes ayant vécu avant, pendant et après la grande Révolution française.