Note d’archives : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

Le droit de grève dans la Grèce contemporaine s’exerce sans obstacles et, selon l’opinion dominante, de manière abusive, car son exercice paralyse en règle générale toute possibilité de libre circulation pour l’ensemble des citoyens, tandis que les grévistes se désintéressent entièrement des dommages causés aux autres.

Il existe l’information selon laquelle, en Suède, la grève ne serait pas permise pour certaines raisons qu’il serait utile de connaître, afin que nous puissions prendre exemple et tirer un enseignement de cette société étrangère et de ses institutions, qui semblent prospérer et qui, comparées à la Grèce, se composent de citoyens optimistes et heureux.

La majorité des citoyens, et surtout les habitants d’Athènes, ont subi et subissent quotidiennement des épreuves indescriptibles en raison des grèves de différentes catégories professionnelles. Celles-ci cherchent et persistent, en exerçant leur « droit » de grève, à tourmenter tous les autres citoyens, auxquels elles interdisent le droit d’aller où ils le souhaitent, en les privant d’une part importante de leur liberté et en portant généralement atteinte à la vie économique des villes et du pays tout entier.

Les grèves sont annoncées par des corporations d’intérêts organisées et se sont étendues jusqu’au point où « font grève », ou selon une autre formule « s’abstiennent » de leurs fonctions, même les avocats, les juges et les procureurs, afin de conserver leurs privilèges garantis par rapport aux autres citoyens, abusivement rebaptisés « droits ». Seuls les mendiants n’ont pas encore fait grève.

Tel qu’il s’exerce dans la Grèce contemporaine, le droit de grève montre que les grévistes et ceux qui s’abstiennent de leurs fonctions ne s’intéressent pas au bien et à la prospérité de la société, mais veillent de manière myope à la seule conservation des privilèges qu’ils sont parvenus à garantir par divers moyens de pression exercés sur les autres citoyens.

La société grecque devrait probablement imiter le modèle suédois et régler en conséquence la question de la grève, laquelle devrait céder la place au droit au travail, accompagné d’une éthique, l’éthique du travail, afin que la société grecque parvienne à se redresser à tous les niveaux, en commençant par l’économie.

Pour qu’un citoyen ait un droit à la grève, il faut d’abord écarter et abolir les diverses « garanties » sociales, décider qu’il faut réellement travailler et non symboliquement, et assumer des travaux selon ses capacités et ses qualifications plutôt que selon ses exigences et ses prétentions. Il faut avant tout supprimer immédiatement toutes les sinécures, les diverses pensions fictives et tous les privilèges des catégories professionnelles. Ce n’est qu’ensuite, après avoir décidé que le progrès se gagne uniquement par un travail sérieux, qu’il conviendra de réfléchir aux grèves et à leur éventuelle nécessité dans certains cas.