Note d’archive : Ce texte provient des anciennes archives de Nomika Epilekta et est conservé avec soin pour une lecture historique et informative.

En lisant votre article, vous m’avez fait revivre les innombrables années durant lesquelles j’ai moi aussi vécu et travaillé aux côtés de grands noms, dans de petites et de grandes entreprises.

Comme il est facile, en effet, de critiquer et de rejeter la responsabilité sur une tierce personne, en particulier sur un salarié ; et comme il est difficile de se mettre à sa place et d’essayer de comprendre ses besoins.

Il a donc osé demander son allocation de congé pour partir en vacances ? Comment est-ce possible ! J’ai travaillé pendant plus de trente-huit ans. J’ai beaucoup reçu et tout autant donné. Heureusement, je n’ai pas eu à vivre cette grande crise qui frappe aujourd’hui les jeunes comme les personnes proches de la retraite.

J’ai connu des périodes de difficultés économiques auprès d’employeurs, mais ceux-ci ont pu me payer, sans ironie, même avec retard. Jamais toutefois ils ne m’ont parlé de leurs difficultés comme d’un reproche, parce qu’ils savaient que je comprenais comment ils en étaient arrivés là, tout comme ils savaient les efforts que j’avais dû fournir pour acquérir les compétences que je mettais à leur service et pour répondre, à ma manière, aux besoins quotidiens du bureau.

Notre temps libre pendant les heures de travail était minime, pour ne pas dire inexistant, mais dans les moments difficiles l’employeur trouvait toujours le temps d’informer.

Que peut attendre un salarié de son employeur ? Son salaire et ce qui lui revient, afin de pouvoir faire face dignement à ses dépenses. Les vacances sont quelque chose que nous attendons tous, pour nous reposer, recharger nos batteries, pour l’employeur comme pour nous-mêmes, et retrouver des forces devant les exigences futures de la vie.

Durant toutes ces années, j’ai connu plusieurs employeurs, mais jamais de salariés ingrats. Le sens de l’honneur existe toujours dans le cœur des travailleurs envers leur employeur, même s’il n’est pas visible chez tous. Des jours meilleurs viendront dans la vie, pourvu que l’on ait la patience et la persévérance nécessaires pour gérer avec justesse et prudence les besoins de sa maison et de son bureau.

Le salarié qui demande son allocation pour partir en vacances n’est évidemment pas responsable de ces difficultés. On ne le punit pas non plus par un licenciement parce qu’il n’a pas dit « merci » ; j’écris ce mot entre guillemets, car le salarié porte le merci et le sourire dans son quotidien.

L’employeur dont parle votre ami m’a rappelé bien d’autres choses : un travail accompli avec zèle et amour, en pensant avant tout à lui. Arriver à l’heure, être souriant, agréable, garder l’esprit clair, penser pour lui, parler pour lui, lui préparer son café chaud, commander son repas à temps, ne pas le déranger pendant ses moments de repos, et ainsi de suite.

Ce n’est pas un hasard si le client a toujours raison, ni si les tribunaux donnent souvent raison au travailleur.

Malheur à l’employeur qui se dit que son salarié a pris des vacances alors que lui ne l’a pas fait. Malheur à lui encore une fois, car il aura certainement omis de l’informer, alors même qu’ils parlaient de tout comme en famille, de son problème économique.

« Le mois a toujours son neuvième jour », dit l’expression ; mais pas pour le salarié. Elle vaut plutôt pour l’employeur qui peut tirer les ficelles et rejeter facilement les responsabilités de sa mauvaise gestion sur des tiers, pire encore sur son salarié, qui n’est rien de plus qu’un exécutant.

Pourtant, personne ne se perd, même dans cette époque difficile, car celui qui commet une injustice se fait plus de tort à lui-même qu’à celui qui la subit.

Merci pour votre temps.