Lorsque nous parlons de Justice grecque, sommes-nous exacts ? Existe-t-il une Justice grecque ?
La Justice en tant que notion et aspiration signifie une chose ; la Justice grecque en signifie une autre ; et le mécanisme étatique de règlement des différends et de poursuite des crimes en est encore une autre.
Note de lecture
Ce texte est un article d’opinion institutionnel. Il ne décrit pas une affaire judiciaire précise, mais ouvre une réflexion sur la relation entre la Justice comme valeur et le mécanisme étatique de son administration.
Ce qu’il convient de dire, mais aussi de comprendre, est que la Justice n’a pas de patrie : il n’existe pas de justice grecque, anglaise, française ou allemande, car il s’agit d’une notion universelle vers laquelle doivent s’orienter et se diriger les êtres humains, les citoyens ainsi que la société dans son ensemble.
Si les tribunaux et les juges gardent une orientation permanente vers la notion et l’essence de la Justice, il se peut que nous parvenions à faire prévaloir la véritable Justice dans notre société.
Si, toutefois, nous continuons à identifier la Justice au mécanisme étatique de règlement des différends et de poursuite des crimes, alors nous ne nous approcherons pas de la Justice substantielle et nous ne bénéficierons pas de ses biens.
La confusion regrettable entre la notion de Justice et le mécanisme étatique d’imposition du pouvoir de l’État aux citoyens, et en particulier à ceux qui ne se soumettent pas à la force étatique du moment, par le biais des décisions judiciaires, peut, selon l’auteur de l’article, renforcer le sentiment d’injustice et laisser la personne socialement vulnérable plus exposée, tandis que le plus fort semble se mouvoir avec davantage de sécurité dans le système.
Un exemple caractéristique de la manière dont la plupart conçoivent la Justice est fourni par un article, parmi beaucoup d’autres, d’un magistrat retraité, intitulé « ils ne respectent pas la Justice ». Dans cet article, les juges et les tribunaux sont entièrement identifiés à la Justice, et des protestations sont formulées, avec la colère de l’auteur, parce que le président de la commission spéciale permanente de transparence du Parlement a osé l’inconcevable : inviter deux magistrats, les responsables, président et procureur de l’Aréopage, à informer cette commission, ce qui aurait pour résultat, selon l’article, de conférer à cette commission une supériorité sur les personnes invitées !
Il en ressort que, alors que la première décennie du XXIe siècle est déjà écoulée, la plupart continuent de se livrer à des oppositions stériles fondées sur ce qui valait dans un passé lointain : préséances, mises à l’écart, rivalités entre chefs de tribu et nobles, et autres traits primitifs qui continuent de survivre et semblent même dominer encore aujourd’hui.
L’époque contemporaine exige d’autres mentalités, d’autres conceptions, plus fraîches, d’autres esprits et, surtout, du sérieux, afin que notre vie devienne meilleure, qualitativement plus élevée et libre. Les préséances et les autres formes de primitivisme doivent enfin être écartées, chacun se synchronisant avec le rythme de notre époque et avec ses exigences.
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